Réponse en bref
Le 30 octobre 2026, le Tribunal arbitral du sport a accueilli le recours de la Fédération russe de hockey sur glace et ordonné à l’IIHF d’admettre des équipes russes à cinq compétitions entre décembre 2026 et novembre 2027. La formation a jugé les arguments de sécurité de l’IIHF insuffisamment étayés. L’IIHF dit qu’elle s’y conformera mais le conteste ; neutralité, groupes et motifs écrits restent ouverts.
Ce qu’a tranché le Tribunal arbitral du sport le 30 octobre 2026
L’équipe de Russie de hockey sur glace a obtenu, le vendredi 30 octobre 2026, le droit de revenir aux championnats du monde : le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne, a annulé la décision de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF) qui écartait les équipes russes de la saison 2026-2027. Selon le communiqué du tribunal lui-même, il a accueilli une des trois requêtes déposées cette année par la Fédération russe contre l’IIHF. Il a ordonné à l’IIHF d’admettre des équipes russes dans cinq compétitions précisément nommées. NBC Sports y voit le premier retour d’équipes russes dans le hockey international de haut niveau depuis l’invasion de l’Ukraine, en février 2022.
Le raisonnement, tel que le TAS le résume, est bref. La formation de trois arbitres était présidée par Giulio Palermo (Italie), avec Ismail Selim (Égypte) et Mark Hovell (Royaume-Uni). Elle a jugé que les arguments de l’IIHF sur la sûreté, la sécurité et d’autres craintes n’étaient pas étayés par des preuves suffisantes, en rappelant que la commission disciplinaire de l’IIHF avait déjà estimé les preuves insuffisantes. Elle a conclu à l’unanimité que, selon les règlements de l’IIHF, seules des craintes de sécurité établies peuvent l’emporter sur le droit des athlètes d’une nationalité à participer aux compétitions. La décision du Conseil est annulée avec effet immédiat.
Les cinq tournois cités par l’ordonnance du TAS, avec leurs dates
Le communiqué du TAS énumère les compétitions une à une. Le Championnat du monde junior, au Canada, se déroule du 26 décembre 2026 au 5 janvier 2027. Le Mondial U18 féminin, en Tchéquie, est prévu du 8 au 16 janvier 2027, et le Mondial U18 masculin, aux États-Unis, du 22 avril au 2 mai 2027.
Viennent ensuite les deux tournois seniors. Le Mondial masculin, en Allemagne, est indiqué du 14 au 30 mai 2027, et le Mondial féminin, au Canada, en novembre 2027. La dépêche de l’agence TT, reprise par Sweden Herald, donne le 13 mai comme début du tournoi masculin ; cet article retient donc les dates imprimées par le TAS.
L’ordonnance se limite à ces épreuves. TASS, rapportant l’annonce faite sur Telegram par le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiarev, écrit que le TAS a annulé les cinq résolutions du Conseil de l’IIHF. Le communiqué du TAS parle d’une requête acceptée et d’une décision du Conseil annulée. Pour les autres compétitions et pour les saisons suivantes, il ne dit rien.
Plus de quatre ans d’exclusion, de février 2022 au contexte olympique
Les équipes russes sont absentes des tournois de l’IIHF depuis plus de quatre ans, selon l’Associated Press, qui fait remonter l’exclusion au début de la guerre en Ukraine. En mai, la même agence rappelait que cette exclusion avait aussi privé les joueurs russes, dont ceux de la NHL, des Jeux d’hiver de Milan-Cortina. NBC Sports indique que le 7 juillet 2026 le Comité international olympique a levé ses restrictions recommandées à l’égard des athlètes russes, mais que l’accès aux championnats du monde reste du ressort de chaque fédération internationale.
Les décisions qui ont mené au litige datent de 2026. En janvier, le Conseil de l’IIHF a décidé de ne pas réintégrer les équipes russes en 2026-2027, invoquant la sécurité. En mai, la commission disciplinaire a annulé cette décision à la suite d’un recours. L’IIHF a alors déclaré, dans la dépêche d’AP reprise par WSLS, qu’il ne s’agissait pas d’une réintégration automatique et que le statut serait tranché tournoi par tournoi. En juin, selon le TAS, le Conseil a réexaminé le dossier et maintenu sa décision initiale.
Comment le litige est allé droit à Lausanne et a été entendu en octobre
Le 30 juillet, l’IIHF a annoncé, selon Reuters dans The Star, que la Russie et le Bélarus resteraient exclus de la plupart des grands tournois de 2026-2027, en raison de craintes persistantes pour la sécurité et l’intégrité sportive. Le Mondial féminin de 2027 était renvoyé à un examen distinct du Conseil, prévu en novembre 2026.
La fédération russe a annoncé qu’elle saisirait le TAS. Reuters rapporte qu’elle jugeait la position de l’IIHF à courte vue et disait qu’elle ignorait les recommandations du Comité international olympique. D’après le TAS, les parties ont ensuite convenu de sauter les instances internes et de porter l’affaire directement devant le tribunal pour une décision définitive. L’audience s’est tenue en personne au siège du TAS à Lausanne les 23 et 26 octobre 2026, et le dispositif a été rendu quatre jours après la seconde séance.
Le communiqué apporte d’autres éléments. En tout, la fédération russe a déposé cette année trois requêtes contre l’IIHF devant le TAS. L’une, sur la présence physique au Congrès de l’IIHF en mai, a été retirée et clôturée en juin. Une autre, déposée avant l’affaire tranchée le 30 octobre et visant la décision de la commission disciplinaire de mai, figure comme encore en cours ; pour le dossier de la décision du Conseil, un calendrier accéléré avait été convenu.
Ce que la décision ne tranche pas : neutralité, Bélarus et motifs écrits
Le TAS écrit clairement qu’il n’a pas ordonné de mesures alternatives comme un régime de neutralité, ni examiné les conséquences organisationnelles, faute de demande et parce qu’elles ne faisaient pas partie du recours. On ignore donc si l’équipe de Russie de hockey jouera sous son drapeau et son hymne. NBC Sports et l’Associated Press notent que la décision ne répond pas à cette question. AP ajoute que le Bélarus, exclu pour les mêmes raisons, n’est pas mentionné dans la décision.
La sentence est provisoire dans sa forme. Le communiqué du TAS la qualifie de dispositif seul, les motifs devant suivre sous la référence CAS/A/12753, et décrit son propre texte comme un résumé non officiel destiné aux médias : seule la décision écrite fait foi. Degtiarev, dans le récit de TASS, a jugé la décision définitive et sans appel. C’est la description du ministre ; le communiqué du TAS n’emploie pas ces mots.
Elle ne lie pas non plus les autres sports. Le TAS précise qu’il traite chaque recours séparément, selon les règles de chaque fédération internationale. En octobre et en décembre 2025, il a accueilli en partie des recours russes en luge et en ski, en exigeant le strict respect des critères des athlètes neutres. Le 13 octobre 2026, il a rejeté les recours du curling russe, et les athlètes russes adultes restent exclus des compétitions de World Curling jusqu’à fin 2026.
Les réactions du jour : l’IIHF, Moscou, la France, l’Allemagne et la Suède
L’IIHF a déclaré, dans le communiqué cité par NBC Sports et Reuters, qu’elle regrettait la décision et n’en partageait pas cette partie. Ses décisions antérieures, a-t-elle dit, étaient nécessaires pour protéger la sûreté et la sécurité des participants et l’intégrité de ses compétitions. Elle a ajouté qu’elle respecte l’autorité du TAS et s’y conformera, tout en soulignant que ce résultat ne dissipe pas les craintes qui fondaient ses décisions.
À Moscou, Degtiarev a écrit, selon TASS, que le TAS avait jugé fondées les demandes de la fédération russe sur les points clés et que l’application serait une tâche difficile, qui exigera de travailler avec l’IIHF. La fédération française, la FFHG, a publié un bref communiqué à 12 h 14 le 30 octobre. Elle dit avoir appris la décision par l’IIHF, qui, selon sa description, autorise l’inscription d’une équipe russe à tous les championnats de l’IIHF avec effet immédiat, et attend des précisions sur l’organisation des compétitions et sur les équipes de France.
D’autres voix ont été plus sévères. L’Associated Press relève que l’Allemagne, hôte du Mondial masculin, reste opposée à la participation russe, et que le président de sa fédération, Frank H. Lutz, évoque des conséquences de sécurité, politiques et financières pour les organisateurs. TT cite Anders Larsson, président de la fédération suédoise, qui juge la participation russe dans la situation actuelle tout à fait erronée et dit que le hockey suédois n’a pas envisagé de boycott.
Le casse-tête pratique : groupes déjà fixés, place de l’Ukraine et tournoi junior
Le Mondial masculin compte 16 équipes. L’Associated Press relève que l’Ukraine, dernière qualifiée après 20 ans d’attente, est la moins bien classée d’entre elles, et que le tirage est fait. Ajouter une équipe créerait des groupes inégaux et un tournoi plus long, décrit AP. Le communiqué de l’IIHF elle-même, tel que TT le rapporte, indique que la composition des groupes et les calendriers du Mondial masculin et du Mondial junior étaient déjà arrêtés.
Des pistes sont évoquées, aucune n’est décidée. Heikki Hietanen, de la fédération finlandaise, a dit à Iltalehti, selon TT, que la Russie pourrait prendre la place de l’Ukraine : avec les règles habituelles, l’équipe la moins bien classée est éliminée, mais l’organisateur peut fixer lui-même ses groupes. Le test le plus proche est le tournoi junior, qui s’ouvre le 26 décembre à Edmonton et Red Deer et qu’AP juge probablement le premier auquel une équipe russe reviendrait.
Ce qu’il faut suivre ensuite et où paraissent les informations officielles
Plusieurs documents et dates préciseront les points ouverts. Les motifs écrits de l’affaire CAS/A/12753 restent à venir, et l’IIHF a dit qu’elle évaluerait les étapes et le temps nécessaires pour appliquer la décision. Le Conseil de l’IIHF avait prévu d’examiner en novembre 2026 la place de la Russie dans le tournoi féminin, et la décision nomme désormais aussi cette épreuve ; la réunion de novembre est donc une date à suivre.
Au 30 octobre, l’information officielle se trouve en trois endroits : la page d’actualités de l’IIHF, où un communiqué sur la décision du TAS est listé à cette date, la page des communiqués du TAS et le site de la fédération nationale de hockey du lecteur, comme l’a montré la fédération française en promettant d’autres informations en temps utile. Deux dossiers liés restent ouverts devant le TAS : le recours en cours dans le hockey contre la décision de mai de la commission disciplinaire, et celui du Comité national olympique d’Ukraine contre la levée provisoire, en juillet, de la suspension du Comité olympique russe par le CIO. Tant que l’IIHF n’a pas publié la manière d’appliquer la décision, effectifs, groupes et drapeaux ne sont pas confirmés.
Checklist pratique
- Lisez le communiqué du TAS du 30 octobre 2026 : il donne la liste des cinq tournois et leurs dates.
- Consultez les actualités de l’IIHF pour savoir comment la décision sera appliquée aux groupes et aux calendriers.
- Comparez chaque titre sur le retour de la Russie au texte du TAS, qui ne nomme que cinq épreuves.
- Notez qui parle : le tribunal, l’IIHF, le ministre russe des Sports ou une fédération nationale.
- Attendez les motifs écrits de l’affaire CAS/A/12753 et la réunion du Conseil de l’IIHF de novembre 2026.
Questions et réponses
Le TAS a-t-il autorisé la Russie à revenir à toutes les compétitions de l’IIHF ?
Non. Le communiqué du TAS cite cinq compétitions : le Mondial junior 2027, les deux Mondiaux U18, le Mondial masculin et le Mondial féminin de novembre 2027. Il ne mentionne ni d’autres épreuves ni les saisons suivantes.
Les équipes russes joueront-elles sous leur drapeau aux championnats de 2027 ?
Ce n’est pas décidé. Le TAS indique n’avoir ordonné aucun régime de neutralité ni examiné les conséquences organisationnelles, faute de demande. L’IIHF dit évaluer encore la façon d’appliquer la décision dans la pratique.
L’IIHF peut-elle contester la décision du TAS devant une autre juridiction ?
Selon le TAS, les deux parties ont convenu de porter le litige directement devant lui pour une décision définitive. Le ministre russe des Sports la juge définitive. L’IIHF affirme qu’elle s’y conformera, tout en désapprouvant cette partie de la décision.
Que devient la place de l’Ukraine au Mondial masculin en Allemagne ?
Rien n’avait été annoncé au 30 octobre. AP indique que l’Ukraine s’est qualifiée en dernier parmi 16 équipes et que le tirage est fait. Un dirigeant finlandais a suggéré que la Russie pourrait prendre sa place, ce qui est une idée, pas un plan.
Où suivre les annonces officielles sur la participation russe aux épreuves de l’IIHF ?
Sur la page d’actualités de l’IIHF, dans les communiqués du TAS et sur le site de la fédération de hockey de votre pays. La fédération française a dit le 30 octobre qu’elle publierait d’autres informations en temps utile.
