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SportRubrique mondiale16 septembre 2026

Pourquoi le tir de Stephen Curry part si vite avant le relâchement

Un reportage ESPN de 2014 décrit Curry relâchant en 0,4 seconde contre presque 0,6 pour un joueur NBA moyen. Grantland plaçait en 2015 son relâchement parmi les plus rapides de la ligue. Voici ce que documente la source, et où elle s'arrête.

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Réponse en bref

Un reportage ESPN de 2014 situe le relâchement de Curry à environ 0,4 seconde après le début du geste; il le relie à l'appui des pieds, un alignement corporel compact et une sortie précoce en pleine montée, sans publier la méthode de mesure, et documente bien plus faiblement le tir après réception d'une passe.

8 sources
ESPN The Magazine (David Fleming, avril 2014) situe le relâchement de Curry à environ 0,4 seconde entre le début du geste de tir et la sortie du ballon, largement devant les presque 0,6 seconde d'un joueur NBA moyen. L'analyste de Grantland Kirk Goldsberry (2015), citant apparemment le même segment ESPN Sport Science, donne un chiffre proche pour un intervalle différent, du ramassage du ballon après dribble jusqu'au relâchement; aucune des deux sources ne publie sa méthode de mesure.
Le gain de temps vient de la fusion des phases: Curry relâche le ballon en pleine montée, ajoutant environ 10 degrés d'arc, au lieu d'attendre le sommet du saut comme dans la mécanique classique à deux phases.
Avant le relâchement, Curry place précisément ses pieds sur le dernier pas de dribble et compresse son corps sur une seule ligne verticale avant le dernier rebond du ballon, sans pause entre la fin du dribble et le début de la montée.

Le tir de Curry : ce que les sources confirment, et ce qui reste hors champ

En avril 2014, ESPN The Magazine publie une analyse détaillée d'un tir à trois points précis de Stephen Curry, calée sur l'horloge d'un match contre les Clippers. Ce long format de David Fleming reste la source la plus détaillée sur ce qui se passe avant le relâchement de Curry, et cet article s'appuie dessus: le texte a été lu intégralement, pas résumé, et sa mesure centrale a été recoupée avec une mention indépendante du même segment dans un article de 2015 de l'analyste de Grantland Kirk Goldsberry. La suite sépare honnêtement ce qui est documenté en détail, le tir après dribble, de ce que les sources ouvertes n'appuient que par des statistiques de réussite et non par de la biomécanique: le tir après réception d'une passe.

Le relâchement en 0,4 seconde: ce que l'analyse d'ESPN a réellement mesuré en 2014

Dans le long format d'ESPN The Magazine sur le tir à trois points de Curry contre les Clippers, David Fleming écrit qu'il s'écoule 0,4 seconde entre le début du geste de tir de Curry et le relâchement, contre presque 0,6 seconde pour un joueur NBA moyen. Le texte est publié les 1-2 avril 2014; il n'explique pas comment ce couple de chiffres a été mesuré, et aucune méthode ni laboratoire n'y est cité. Le projet ESPN Sport Science est mentionné une fois dans le même long format, mais pour un autre point: relâcher en pleine montée donnerait à Curry, selon Sport Science, 19% d'espace en plus à l'intérieur du cercle pour la trajectoire du ballon, une affirmation sans rapport avec le couple 0,4 contre 0,6. Par ailleurs, dans une analyse de juin 2015 pour Grantland, Kirk Goldsberry évoque un beau sujet Sports Science de la saison précédente selon lequel Curry rassemble le ballon après un dribble et relâche son tir en environ 0,4 seconde, qualifiant son relâchement parmi les plus rapides de la ligue. La définition est ici un peu différente de celle de Fleming, à partir du ramassage après dribble et non du début du geste, et la vidéo de ce segment Sport Science n'était pas accessible au moment de préparer cet article; le chiffre de 0,4 seconde est donc donné sur la foi de deux récits journalistiques indépendants, pas d'un visionnage personnel des données d'origine. Aucune des sources utilisées ici ne présente 0,4 seconde comme un record certifié de la NBA: c'est une mesure journalistique, pas une statistique officielle de la ligue. Au moment de la rédaction, Curry reste joueur en activité des Golden State Warriors, sous le numéro 30.

Le tir après dribble: la séquence calée sur l'horloge du match

Le tir le plus documenté n'est pas un catch-and-shoot mais un tir après dribble, c'est-à-dire après un ou plusieurs rebonds du ballon. C'est exactement cette séquence que Fleming analyse en entier dans ESPN The Magazine: une action précise contre les Clippers où Curry reçoit le ballon de Draymond Green, dribble deux fois puis tire, avec des repères clés placés sur l'horloge du match, 6:35, 6:31, 6:30, 6:29 et 6:28. Distinguer les tirs après passe et après dribble n'est pas une simplification éditoriale: les statistiques officielles de la NBA comptent séparément les tirs des catégories Catch and Shoot et Pull Up, et le fournisseur de données de cette statistique est le système de suivi Second Spectrum, comme le confirme la page de statistiques de tir de nba.com. L'asymétrie qui suit n'est pas dissimulée: aucune analyse du tir de Curry après réception d'une passe, avec le même niveau de détail et d'attribution, n'a pu être trouvée; ce type de tir fait l'objet d'une section à part, appuyée sur des statistiques de réussite plutôt que sur de la biomécanique.

Le placement des pieds: le dernier pas de dribble, pas un geste à part

Selon Fleming, avant de monter, Curry place ses pieds doucement et précisément vers le cercle, une image que l'auteur compare à enfiler des chaussons avec soin. Cela se produit sur le dernier pas de dribble, tout près de la ligne à trois points, tandis que Curry annule le mouvement latéral et vers l'avant de son corps. À notre lecture, puisque les pieds sont déjà orientés vers la cible à ce moment-là, il reste peu de place dans la séquence décrite pour une rotation supplémentaire et visible du torse ensuite; mais la source elle-même ne formule pas cette conclusion, c'est une interprétation de la rédaction, pas une affirmation directe du reportage.

Le corps se comprime sur une seule ligne verticale avant le dernier rebond

Le deuxième élément est l'alignement du corps sur une seule ligne verticale. Fleming le décrit ainsi: Curry comprime le genou droit, la hanche, le torse, le coude et le poignet en un ressort vertical parfaitement empilé, et, selon le texte de la source, cela se produit avant le dernier rebond du ballon au sol, pas juste avant le relâchement. Ce dernier rebond du dribble reçoit un peu de force supplémentaire et déclenche aussitôt la montée, sans qu'il reste de pause entre la fin du dribble et le début du geste de tir. Ensuite, selon la même analyse, le ballon monte jusqu'à la poche de tir juste sous la poitrine, l'index et le majeur, appelés la fourche de tir, cherchent la couture, et le poignet droit se charge vers l'arrière jusqu'à tendre la peau. À notre lecture, c'est justement l'absence de pause entre la fin du dribble et la montée, et non une seule partie du corps exceptionnellement rapide, qui explique une bonne part de l'impression d'instantanéité; la source elle-même ne le formule pas comme une conclusion à part.

Pourquoi le ballon part avant le sommet du saut

Le troisième élément, le plus atypique selon l'accent mis par la source, est le moment même du relâchement. Chez les joueurs à mécanique classique en deux phases, Fleming prend l'exemple de Ray Allen, il décrit ce processus comme plus athlétique et en deux temps: le joueur monte d'abord jusqu'au sommet, puis tire selon une trajectoire plus plate, autour de 45 degrés. Chez Curry, selon la même analyse, les phases fusionnent: il relâche le ballon en pleine montée, les orteils à peine décollés du sol, ce qui ajoute environ 10 degrés d'arc au tir. La source décrit cela comme un seul mouvement plutôt que plusieurs étapes successives et réfléchies, pas comme le résultat d'une main plus rapide; le reportage ne fait pas cette comparaison.

Le coude et la main non tireuse: ce qui reste constant sous la pression défensive

Fleming relève un élément qui ne change pas quand un défenseur est proche: le coude du bras de tir, qui reste près des côtes, sans s'écarter sur le côté dans ce que les entraîneurs appellent chicken-winging; c'est de la tenue de ce coude, selon la formule de l'auteur, que dépend la précision du tir de Curry sous pression. Fleming écrit qu'enfant, Curry travaillait cette discipline allongé sur son lit, en lançant une chaussette roulée en boule vers le plafond des centaines de fois par soirée sans chercher à le toucher; c'est une description du journaliste lui-même, sans guillemets ni citation directe de Curry, pas une phrase tirée d'un entretien. Par ailleurs, la source décrit la main gauche, non tireuse: pendant presque tout le geste, elle reste, selon les mots de l'auteur, paralysée, et ne sert qu'à tenir et équilibrer le ballon, pas à le pousser ni à le diriger. Elle s'ouvre non pas au moment même du relâchement, mais un peu avant, quand les bras sont déjà tendus au-dessus de la tête, dans la position coude à hauteur des yeux. La source ne relie explicitement la pression défensive qu'au coude; l'auteur ne mentionne pas la main gauche dans ce contexte.

Le catch-and-shoot: ce que montrent les statistiques de la ligue, et ce qu'on ne peut pas affirmer

Le glossaire officiel des statistiques NBA confirme que Catch and Shoot et Pull Up sont deux types de tir suivis séparément, et non une distinction inventée par des journalistes. Les définitions du glossaire lui-même sont circulaires: Catch Shoot FG%, par exemple, est décrit comme le pourcentage de réussite sur les tirs de type Catch and Shoot, sans seuil précisé de distance ni de nombre de touches; le fournisseur des données de suivi pour cette catégorie est le système Second Spectrum, comme le confirme une autre page de statistiques de tir sur nba.com. Aucune analyse de la technique de Curry précisément au moment de recevoir le ballon avant un tir sans dribble, jeu de pieds, position des épaules à la réception, n'a pu être trouvée avec un niveau comparable de détail et d'attribution. Le contexte statistique existe en revanche: selon les données de Kirk Goldsberry pour Grantland (juin 2015), lors de la saison 2014/15 Curry a inscrit 136 tirs à trois points sans dribble à 47%, neuvième de la ligue par nombre de réussites cette saison-là; à l'échelle de la ligue, ces tirs sans dribble rentraient à 37% contre 32% après dribble, et représentaient 76% de l'ensemble des tirs à trois points de la ligue sur cette période. Ce sont des chiffres de réussite et de fréquence, pas de la mécanique de réception de Curry, et ils concernent la saison 2014/15, pas la saison actuelle. Le modèle général des entraîneurs pour préparer un tir en suspension se résume par l'acronyme BEEF, équilibre, regard, coude, accompagnement du geste, mais c'est une théorie générale, pas une analyse propre à Curry.

Un cas voisin mais différent: ce que dit la cinématique du lancer franc sur la préparation

Un autre axe de recherche porte sur la cinématique du lancer franc, pas sur le tir en suspension ni sur Curry en particulier. Une étude évaluée par les pairs en 2021, de Cabarkapa et collègues, publiée dans Central European Journal of Sport Sciences and Medicine, a comparé la phase préparatoire du lancer franc entre tireurs plus et moins précis, sur un échantillon de 17 basketteurs récréatifs. Une analyse discriminante portant sur cinq variables cinématiques a correctement séparé les tireurs plus et moins précis dans 89,5% des cas; la contribution de chaque variable était inégale, angle du coude 36,7%, angle de l'avant-bras 23,9%, hauteur du coude 19,2%, angle de l'épaule 6,8% et flexion du genou seulement 2,9%, jugée par les auteurs directement minimale ou quasi nulle. Par ailleurs, au sein du groupe des tireurs les plus précis, les auteurs désignent précisément l'angle de l'avant-bras, sa proximité avec la verticale pendant la phase préparatoire, comme la variable clé distinguant réussites et échecs, et lui attribuent les mêmes 23,9% de variance globale que dans le modèle discriminant ci-dessus; les auteurs ne donnent pas de part de variance distincte pour comparer spécifiquement réussites et échecs, ils notent seulement des différences statistiquement significatives sur les angles de l'avant-bras et de l'épaule (p<0,05). Cette étude n'a pas mesuré Curry, ne porte pas sur le tir en suspension et a été menée sur un échantillon de joueurs récréatifs, pas de joueurs NBA; ses conclusions ne peuvent pas être transposées au tir de Curry. Elle n'est citée ici que comme exemple de la façon dont cette phase préparatoire est étudiée de manière concrète et chiffrée.

Les limites de cette analyse: une seule source technique principale, aucune étude vidéo maison

Il faut nommer clairement les limites de ce qui est documenté ici. L'ensemble de l'analyse détaillée du mouvement et le chiffre de 0,4 seconde remontent en définitive à une seule source principale de 2014, lue en détail; aucune deuxième analyse technique indépendante avec un chiffre mesuré par elle-même, plutôt que repris, n'a pu être trouvée parmi les sources localisées jusqu'en septembre 2026, et la mention la plus proche sur le sujet, Grantland en 2015, semble décrire le même segment ESPN Sport Science plutôt qu'une mesure indépendante. Le texte accessible ne dévoile pas la méthodologie de mesure du couple de chiffres 0,4 contre 0,6. Aucun visionnage de vidéos de match n'a été réalisé pour cet article: tout ce qui est décrit ci-dessus provient d'un reportage écrit et attribué, pas d'une analyse image par image faite par la rédaction. L'apparition d'une analyse technique indépendante sur un tir plus récent de Curry, ou d'une source aussi détaillée sur le tir après réception d'une passe, serait une raison de revenir sur le sujet dans un article séparé.

Checklist pratique

  • Observer l'orientation des pieds sur le dernier dribble avant la montée.
  • Vérifier s'il existe une pause visible entre le dernier dribble et la montée.
  • Suivre le coude de tir par rapport au torse.
  • Noter quand la main guide s'ouvre par rapport à l'extension complète des bras.
  • Vérifier si le relâchement arrive pendant la montée ou seulement au sommet du saut.

Questions et réponses

0,4 seconde est-il un record officiel de la ligue?

Non. C'est un chiffre issu d'une analyse journalistique d'ESPN The Magazine (David Fleming, avril 2014), pas un record certifié de la NBA; le texte ne révèle pas la méthode de mesure. Le segment ESPN Sport Science auquel renvoie Grantland (2015) décrit un intervalle défini un peu différemment: du ramassage du ballon après dribble jusqu'au relâchement. Le glossaire officiel des statistiques de la ligue ne comporte aucune mesure de vitesse de relâchement, mais seul ce glossaire a été vérifié, pas toute l'infrastructure statistique de la ligue.

Quelle différence entre un tir après passe et un tir après dribble dans les statistiques NBA?

Un tir après passe, catch-and-shoot, est un tir sans dribble juste après réception du ballon; un tir après dribble, pull-up, survient après que le ballon a touché le sol au moins une fois entre les mains du tireur lui-même. La NBA les suit comme des catégories statistiques séparées, Catch and Shoot et Pull Up. Le système de suivi Second Spectrum fournit les données de ces deux catégories à la ligue, comme l'indique la page de statistiques de tir de nba.com. Le glossaire public de la ligue ne donne pas de définitions précises de seuil par distance ou nombre de touches.

Un amateur peut-il acquérir cette vitesse de tir en quelques séances?

Rien ne permet de l'affirmer, et cet article ne fait pas une telle promesse. La séquence décrite, placement des pieds, alignement du corps sur une ligne, fusion des phases de montée et de relâchement, résulte d'années de pratique professionnelle chez un joueur précis; les sources utilisées pour cet article ne contiennent aucun programme d'entraînement permettant de reproduire cette vitesse en amateur.

Pourquoi le texte ne donne-t-il pas de fractions de seconde exactes pour chaque mouvement?

Parce que la source principale utilisée ne fournit pas ce découpage, et que la rédaction n'a pas mené sa propre analyse vidéo image par image pour cet article. Des intervalles précis entre les sous-phases du mouvement nécessiteraient de visionner des images avec une fréquence vérifiée, une tâche distincte non réalisée pour ce contenu.

Que signifie chicken-winging?

C'est un terme d'entraîneurs pour désigner le coude de tir qui s'écarte du torse pendant la montée au lieu de rester aligné verticalement vers le cercle. Dans l'analyse de Fleming, cet écart est présenté comme la principale menace pour la précision, et garder le coude serré est décrit comme quelque chose que Curry maîtrise même sous la pression défensive.