Réponse en bref
Selon le décompte de la Commission électorale centrale rapporté le 30 octobre, le bloc de Benjamin Netanyahou obtient 53 sièges, celui de Gadi Eisenkot 48 et les partis arabes 19. La majorité en exige 61. Les résultats certifiés sont attendus au plus tard le 4 novembre, puis le président Isaac Herzog choisira qui tentera de former le gouvernement.
Comment Israël élit les 120 membres de la Knesset
Les élections en Israël du 27 octobre 2026 reposent sur un système où l’électeur ne choisit pas un candidat local, mais une liste de parti. Les 120 sièges de la Knesset sont répartis à la proportionnelle des voix sur l’ensemble du pays, comme le décrit l’article de Wikipédia consacré aux élections en Israël. Le scrutin est intervenu après la dissolution de la Knesset le 17 juillet 2026 ; Wikipédia précise que le Parlement avait alors accompli son mandat complet de quatre ans.
Une liste doit obtenir 3,25 % des suffrages exprimés pour entrer à la Knesset, seuil que Times of Israel, dans son explication du 18 octobre, situe autour de quatre sièges. La majorité gouvernementale est de 61 sur 120. Al Jazeera rappelle qu’aucun parti n’a jamais atteint 61 seul : tout gouvernement israélien est donc de coalition, et le parti arrivé en tête ne gouverne pas automatiquement. Après avoir consulté les partis, le président confie la formation du gouvernement au député le plus susceptible de réunir une coalition viable.
Ce que projetaient les sondages le soir du scrutin
Un sondage à la sortie des urnes est une estimation faite le soir de l’élection, pas un décompte de bulletins. D’après Wikipédia, sept sondages ont été publiés dans la nuit du 28 octobre : ceux de Kan 11, des chaînes 12, 13, 14 et 16, d’i24 et de la chaîne 9. Ils donnaient au bloc gouvernemental entre 50 sièges (chaîne 9) et 62 (chaîne 14), avec 51 pour Kan, 52 pour la chaîne 12 et 51 pour la chaîne 13. Al Jazeera a résumé la situation le 28 octobre comme une impasse, les deux grands blocs étant à 51.
Les chaînes 12 et 13 projetaient 27 sièges pour le Likoud et 21 pour Yashar, le parti d’Eisenkot, et Al Jazeera a fait état de 19 sièges pour les partis arabes, contre 10 actuellement. Eisenkot a déclaré que l’ancienne ère était terminée. Netanyahou a affirmé que le Likoud restait le premier parti, appelé de ses vœux un gouvernement national de droite et accusé les chaînes de surestimer l’opposition. Ces propos datent de la soirée des élections en Israël, quand presque aucun bulletin n’était encore dépouillé.
Le décompte au 30 octobre et ce qui reste provisoire
Les premiers chiffres partiels ont évolué à mesure que les urnes étaient ouvertes. Al Jazeera, citant Times of Israel, a rapporté 56 sièges pour le bloc Netanyahou, 49 pour le bloc Eisenkot et 15 pour les partis arabes quand un peu plus de 55 % des urnes étaient dépouillées. Times of Israel a ensuite publié les chiffres de la Commission électorale centrale de 19 h 21 le jeudi 29 octobre, avec 99,9 % des bulletins comptés : 53, 48 et 19. Selon Al Jazeera, les résultats finaux ont été publiés tôt le vendredi 30 octobre, avec une participation de 77,9 %, la plus élevée depuis 1999.
Dans ce décompte, le Likoud a 27 sièges, Yashar 21, B’Yachad (Ensemble), de Naftali Bennett, 12, la Liste unifiée 11, Ra’am et Les Démocrates 8 chacun, Otzma Yehudit, Judaïsme unifié de la Torah et Israël Beiteinou 7 chacun, Shas et le Sionisme religieux 6 chacun. Wikipédia attribue au Likoud 20,52 % des voix et à Yashar 16,05 %. Deux listes sous le seuil, Réservistes-Économie à 2,63 % et Peuple d’Israël à 1,7 %, n’obtiennent aucun siège, d’après Times of Israel.
Provisoire et certifié ne veulent pas dire la même chose. La commission a estimé entre 430 000 et 480 000 les votes sous « double enveloppe » de soldats, de détenus et de diplomates, et a qualifié ce chiffre de préliminaire. Times of Israel note qu’un siège vaut environ 40 000 voix et cite un expert qui s’attend à ce que ces bulletins déplacent chaque parti d’un ou deux sièges au plus. Les résultats formels sont attendus au plus tard le 4 novembre, et seule cette version certifiée est transmise au président.
Trois blocs, et pourquoi les partis arabes pèsent dans la balance
Times of Israel range le Likoud, le Shas, le Judaïsme unifié de la Torah, Otzma Yehudit et le Sionisme religieux dans le bloc Netanyahou. Avec les chiffres de la commission du 29 octobre, il compte 53 sièges, soit huit de moins que 61, contre 68 dans la Knesset sortante. C’est le bloc qui gouvernait avant le vote, et Netanyahou présente le résultat comme une victoire de la droite, puisque le Likoud est le premier parti pris isolément.
Le même média classe Yashar, B’Yachad, Les Démocrates et Israël Beiteinou dans le bloc Eisenkot, avec 48 sièges, 13 de moins que la majorité. Eisenkot décrit le résultat comme un vote de défiance envers Netanyahou. Aucune de ces lectures ne change l’arithmétique : avec ces chiffres, chaque camp reste très loin de 61 à lui seul.
Le troisième ensemble est formé de la Liste unifiée et de Ra’am, qui totalisent 19 sièges, un record et une hausse par rapport aux 10 de la Knesset sortante. Le tableau des majorités possibles de Wikipédia montre que le bloc Eisenkot avec Ra’am atteint 56, ce qui reste insuffisant, tandis que les quatre partis du bloc Eisenkot plus les deux partis arabes atteignent 67. C’est pourquoi les analystes cités par Al Jazeera parlent de faiseurs de rois potentiels, bien qu’ils n’appartiennent formellement à aucun bloc.
Ce que chaque camp a déclaré depuis le scrutin
Le vendredi 30 octobre, Netanyahou a écrit sur X qu’il est interdit de former un gouvernement avec les partis arabes, rapporte Al Jazeera. Le Likoud accuse ces partis d’avoir volé l’élection. Selon Wikipédia, un responsable de la commission a répondu que le scrutin avait été propre, alors que le Likoud demandait à la police et au Shin Bet d’enquêter sur des irrégularités dans des localités arabes. Ce sont des accusations d’un parti et une réponse de la commission, non des constats.
Eisenkot présente le vote comme un verdict contre Netanyahou. Times of Israel, cité par Al Jazeera, indique qu’il n’envisagera que des partenaires reconnaissant Israël comme un État juif et démocratique, adhérant aux valeurs de la Déclaration d’indépendance et acceptant le service national, et qu’il n’a pas dit si les partis arabes remplissent ces conditions. Yaïr Lapid, chef de l’opposition, a parlé d’un effondrement total du bloc Netanyahou, et le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a jugé ces déclarations prématurées.
Avigdor Lieberman a repris le jeudi 29 octobre la formule « Ni Bibi ni Tibi » ; selon Al Jazeera, il a écarté certaines coalitions. Mansour Abbas, de Ra’am, espère que le décompte final permettra à l’opposition et à son parti d’atteindre 61 sièges, et Yousef Jabareen, de la Liste unifiée, s’est dit prêt à voir chuter le gouvernement Netanyahou. Le 29 octobre, des militants de gauche ont manifesté devant le domicile d’Eisenkot à Herzliya pour réclamer un gouvernement incluant les partis arabes, selon une légende de photo de l’AFP reprise par Al Jazeera.
Le calendrier légal, des résultats certifiés au nouveau gouvernement
L’explication de Times of Israel détaille les étapes. Les résultats formels sont publiés au plus tard le 4 novembre. Dans les sept jours qui suivent, le président Isaac Herzog, après consultation des représentants des partis, confie la formation du gouvernement à un député, ce qui correspond à l’article 7 de la Loi fondamentale sur le gouvernement tel que Wikipédia le cite. Wikipédia place l’assermentation de la nouvelle Knesset au 10 novembre.
Le premier candidat dispose de 28 jours pour bâtir une coalition, avec une prolongation possible de 14 jours, soit 42 au total, chiffre que donne aussi Al Jazeera. Le gouvernement doit ensuite obtenir la confiance de la Knesset. Tant qu’un nouveau gouvernement n’a pas prêté serment, l’actuel reste en place.
Si le premier candidat échoue, le président a trois jours pour désigner un autre député, qui dispose de 28 jours sans prolongation. En cas de nouvel échec, le président informe la Knesset qu’aucun gouvernement ne peut être formé, et 61 députés ont alors 21 jours pour lui demander de confier la tâche à un membre précis. Si personne n’y parvient, la Knesset est dissoute et un nouveau cycle électoral de 90 jours commence, le gouvernement sortant assurant l’intérim.
Les scénarios décrits par les analystes et leurs différences
L’explication d’Al Jazeera du 30 octobre rassemble des avis d’analystes, non des prévisions propres. Yossi Mekelberg, de Chatham House, dit que Netanyahou pourrait tenter de convaincre Eisenkot et d’autres de le rejoindre tout en contestant la légitimité des partis arabes. Nimrod Flaschenberg affirme que Netanyahou courtise un ou deux partis de l’opposition, probablement ceux de Bennett et de Lieberman, même s’il ne semble pas qu’ils vont le rejoindre.
Pour un gouvernement dirigé par Eisenkot, Flaschenberg décrit trois formes de participation arabe : des ministres, l’appartenance à la coalition sans portefeuille, comme Ra’am sous Bennett en 2021-2022, ou un soutien extérieur. Selon lui, la plupart des observateurs attendent Ra’am dedans et la Liste unifiée dehors. Roi Zur, de l’université d’Essex, évoque des rumeurs de soutien arabe lors d’un vote d’investiture, mais juge cela improbable et estime que les chiffres ne tombent juste pour aucun camp. Flaschenberg s’attend aussi à ce que Netanyahou pousse à de nouvelles élections, convaincu que son bloc pourrait alors atteindre 61.
Les dates à surveiller et où trouver les mises à jour officielles
Le premier repère fixe est le 4 novembre, date limite des résultats formels. Dans les sept jours suivants, le président désigne le premier candidat, ce qui, selon cette règle, donne au plus tard le 11 novembre. Entre ces deux dates tombe, selon Wikipédia, l’assermentation des nouveaux députés, le 10 novembre. Ce qui se passera ensuite dépend des négociations, pas du calendrier.
Pour les chiffres, la Commission électorale centrale est la source sur laquelle s’appuient les médias cités, et la version certifiée est celle qui compte. Pour le choix du candidat, suivez les communiqués des services du président. Vérifiez la date de chaque chiffre que vous lisez, car un décompte partiel du 28 octobre et un décompte final du 30 ne sont pas la même chose. Considérez les accusations de fraude comme des affirmations tant que la commission ou un tribunal n’a pas statué.
Checklist pratique
- Vérifiez la date et l’étape de chaque chiffre : sondage, décompte partiel, décompte complet ou résultat certifié.
- Comparez le total de chaque bloc aux 61 sièges requis et regardez quels partis il regroupe.
- Cherchez les résultats certifiés de la Commission électorale centrale, attendus au plus tard le 4 novembre 2026.
- Notez quand le président désigne le candidat et à partir de quel jour courent ses 28 jours.
- Séparez les accusations citées, comme celles de fraude, des décisions de la commission ou d’un tribunal.
Questions et réponses
Qui a gagné les élections en Israël du 27 octobre 2026 ?
Aucun bloc n’a la majorité. Le Likoud est le premier parti, avec 27 sièges au décompte du 30 octobre. Le bloc Netanyahou en compte 53, le bloc Eisenkot 48 et les partis arabes 19 : la négociation décidera.
Le décompte final peut-il encore modifier la répartition des sièges ?
Les résultats certifiés sont attendus pour le 4 novembre. La commission a qualifié de préliminaire son estimation des votes sous double enveloppe, et Times of Israel cite un expert qui prévoit un ou deux sièges de mouvement par parti, au plus.
Pourquoi le bloc Netanyahou a-t-il besoin d’autres partis que ses alliés ?
Ses 53 sièges sont huit en dessous de 61. Il lui faudrait des partis extérieurs, comme ceux de Bennett ou de Lieberman, et les sources citées ne signalent pas qu’aucun d’eux ait accepté de le rejoindre.
Combien de temps durent légalement les négociations de coalition ?
Le premier candidat désigné par le président dispose de 28 jours, prolongeables de 14. Le second reçoit 28 jours sans prolongation. Ensuite, 61 députés de la Knesset ont 21 jours pour proposer quelqu’un d’autre.
Que se passe-t-il si aucun gouvernement n’est formé ?
Selon Times of Israel, la Knesset est dissoute et un nouveau cycle électoral de 90 jours s’ouvre. Le gouvernement sortant continue d’assurer l’intérim jusqu’à la prestation de serment d’un nouveau.
