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Manifestations en Europe en octobre 2026 : ce qui s’est passé à Milan, en France et en Albanie

Les manifestations en Europe ont tourné à la violence la même semaine d’octobre 2026. Ce qui s’est passé à Milan, la réponse de Rome, la place de la France et de l’Albanie, les chiffres et leurs sources, et ce qu’il faut vérifier avant de partir.

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Réponse en bref

Entre le 13 et le 18 octobre 2026, des manifestations contre la vie chère et la politique des gouvernements ont tourné aux affrontements en France et en Italie, tandis qu’en Albanie des étudiants se heurtaient à la police à Tirana. L’Italie a répondu à deux jours d’émeutes à Milan par un décret sur la sécurité et 500 militaires de plus ; la France a instauré des couvre-feux partiels dès le 19 octobre. De nouveaux cortèges sont annoncés pour le 24 octobre.

Arrêt des vérifications: 32 sources
À la mi-octobre 2026, la France, l’Italie et l’Albanie ont connu des manifestations violentes à quelques jours d’intervalle, et la Belgique et le Portugal de grands cortèges le 17 octobre.
À Milan, 271 personnes ont été conduites à la questure pour le seul dimanche 18 octobre, dont 220 mineurs, et 14 policiers ont été blessés, selon l’ANSA.
Le 20 octobre, l’Italie a adopté un décret créant un délit de participation violente à une manifestation et envoyant 500 militaires de plus à Milan.

Une semaine, trois pays : comment la vague de manifestations d’octobre s’est formée

Les manifestations en Europe qui ont fait la une à la mi-octobre 2026 n’ont pas commencé le même jour. Selon la chronologie publiée le 20 octobre par la télévision publique australienne ABC, cette vague a commencé en France le 17 septembre, puis en Espagne le 26, en Belgique le 1er octobre, en Italie le 5, au Portugal le 10 et en Albanie le 12. Entre le 13 et le 18 octobre, la violence a franchi un cap : Tirana, plusieurs villes françaises et Milan ont connu des heurts avec la police, des incendies et des dégâts matériels.

Le samedi 17 octobre, Al Jazeera a décrit des centaines de milliers de personnes dans les rues de Belgique, de France, d’Italie et du Portugal, lors de manifestations distinctes et non coordonnées. La police a employé gaz lacrymogènes et canons à eau à Bruxelles, et des canons à eau à Liège ; à Lisbonne, des dizaines de milliers de personnes ont défilé contre la vie chère et la pénurie de logements.

Deux jours d’émeutes à Milan autour de la place du Dôme

À Milan, tout a commencé le samedi 17 octobre en marge d’un cortège autorisé contre la vie chère, convoqué par le groupe Italia in Piazza. Selon Euronews, le défilé a dégénéré via Broletto puis place du Dôme, où la police a répliqué par des gaz lacrymogènes et des canons à eau ; les stations des lignes de métro M1 et M3 ont été fermées. Ce jour-là, 25 personnes ont été hospitalisées, dont dix policiers, et 50 interpellées, pour moitié mineures. Turin et Bologne ont connu des heurts plus limités.

Le dimanche 18 octobre, les violences ont repris. Euronews rapporte que des jeunes, surtout vêtus de noir, ont lancé des bouteilles et pillé des magasins, dont un supermarché près de la cathédrale. Le maire, Giuseppe Sala, a dit avoir vu des vitrines brisées, des commerces pillés et des habitants effrayés, et s’est dit très inquiet auprès de l’ANSA face à un phénomène nouveau. Le 16 octobre déjà, des lycéens avaient défilé avec des slogans comme « De l’argent pour l’école, pas pour la guerre », selon l’ANSA. Des transporteurs routiers faisaient aussi grève contre le prix du carburant, et l’un de leurs collectifs en Calabre a annoncé le 20 octobre qu’il continuerait jusqu’au 27, ajoute l’agence.

Ce que le gouvernement italien a décidé après les émeutes de Milan

Giorgia Meloni a écrit samedi sur X, selon Euronews, que manifester est un droit, mais pas dévaster les villes. Le lundi 19 octobre, la présidente du Conseil a réuni les hauts responsables de la sécurité, selon l’ANSA, et le soir même le vice-président du Conseil Matteo Salvini a annoncé 500 militaires de plus pour Milan. D’après l’agence allemande dpa, le 20 octobre, ce renfort devait durer d’abord trois mois, et des couvre-feux étaient envisagés dans certains centres-villes. Le Quirinal, siège de la présidence de la République, s’est opposé à ce que les soldats reçoivent des pouvoirs de police judiciaire, a rapporté l’ANSA ; selon le site Il Post, la mesure a été retirée.

Le Conseil des ministres a adopté le mardi 20 octobre le décret sur la sécurité et la délinquance des mineurs, que le Parlement doit convertir en loi sous 60 jours, précise Il Post. Dans une vidéo citée par l’ANSA, Giorgia Meloni a présenté un délit de participation violente à une manifestation : rejoindre un groupe d’au moins cinq personnes et lancer des pierres, des pétards ou des bâtons vaudra jusqu’à cinq ans de prison et 20 000 euros d’amende. La détention préventive avant des manifestations à risque s’étendra aux mineurs, et les parents paieront les dégâts de leurs enfants. Le ministre de la Justice, Carlo Nordio, prévoit de quatre à douze ans pour qui organise un groupe violent, y compris en ligne. Avant le Conseil des ministres, le maire de Milan avait prévenu que la réponse « ne peut pas être seulement une affaire de répression ».

La France et l’Albanie dans la même semaine de tensions

La France connaît le mouvement le plus massif. ABC le fait remonter à une protestation d’enseignants contre le manque de personnel dans un lycée du sud-est parisien, le 17 septembre, élargie ensuite à la vie chère et aux coupes budgétaires. Le 17 octobre, les autorités ont compté 550 000 manifestants et la CGT 800 000, selon France 24. À partir du soir du 19 octobre, les préfets ont instauré des couvre-feux partiels dans certains quartiers de Paris autour de la République, de 23 h à 6 h, ainsi qu’à Lyon et à Lille, a rapporté la RTS.

En Albanie, la cible est autre. Selon France 24, les affrontements à Tirana en étaient à leur troisième jour le 15 octobre, après plus de quatre mois de manifestations antigouvernementales nées d’un projet touristique lié à la famille du président américain Donald Trump. Les étudiants réclament des frais d’inscription moins élevés, de meilleures universités et la démission du Premier ministre Edi Rama. Le 20 octobre, Balkan Insight a rapporté qu’Edi Rama accusait la Russie et l’Iran de vouloir déstabiliser le pays, sans présenter de preuves concrètes, et menaçait les auteurs de violences de perdre leurs bourses.

Ce qui relie les manifestations en Europe et ce qui les distingue

Le fil commun le plus souvent cité est la vie chère. Selon une analyse d’Al Jazeera du 19 octobre, fondée sur les données d’Eurostat et de l’OCDE, les prix ont augmenté de 68 % en Italie et de 59 % en France depuis 2000, et les salaires réels italiens ont reculé de près de 5 % entre 2000 et 2025. Elle évoque aussi le logement, des écoles sous tension et une jeunesse qui ne s’attend plus à vivre mieux que ses parents. En Italie, les cortèges sont organisés par de nouveaux groupes sur Instagram, TikTok et Telegram, a rapporté Il Sole 24 Ore le 20 octobre.

Le ministre de la Défense, Guido Crosetto, est allé plus loin le 20 octobre en parlant d’une « guerre hybride » menée via TikTok et d’autres plateformes, sans dire qui en serait l’auteur. En France et en Italie, la colère vise les prix, les salaires et les services publics ; en Albanie, elle vise un gouvernement, et ABC cite comme causes la corruption et le coût de la vie. Point commun dans la réponse : Giorgia Meloni comme Edi Rama ont affirmé que les familles paieraient les dégâts causés par des mineurs.

Interpellations et dégâts à Milan : les chiffres et leurs sources

Les bilans changeaient d’heure en heure, et chaque source compte autre chose. Pour le seul dimanche 18 octobre, des sources policières citées par l’ANSA font état de 271 personnes conduites à la questure de Milan, dont 220 mineurs ; 32 ont été formellement arrêtées, dont 23 mineurs, et 14 agents ont été blessés. Euronews parle de plus de 200 arrestations depuis samedi, dpa de plus de 270 interpellations temporaires. Le 20 octobre, un juge milanais a maintenu quatre jeunes hommes en détention, selon l’ANSA, et les comptes d’Italia in Piazza et du Movimento 17 ottobre font l’objet d’une enquête.

Les estimations des dégâts divergent encore davantage. dpa évoque des millions d’euros ; l’ANSA rapportait le 19 octobre une estimation de plus d’un demi-milliard, puis citait le 20 octobre l’organisation de commerçants Confcommercio, qui avance environ un milliard d’euros. De nombreuses boutiques du quartier de la mode étaient encore fermées le lundi 19 octobre, selon l’ANSA.

Les mobilisations déjà annoncées en Italie et en France fin octobre

En Italie, le Movimento 17 ottobre a écrit sur Instagram qu’il descendrait dans la rue chaque samedi « jusqu’à la chute de ce gouvernement de voleurs », selon l’ANSA ; Il Sole 24 Ore cite huit villes, de Milan et Rome à Bari et Gênes, à 15 h. Le quotidien grec Proto Thema rapporte qu’à Milan le rendez-vous du samedi 24 octobre est fixé place du Dôme. Le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, devait participer le 21 octobre à une réunion sur l’ordre public à Milan, et Giuseppe Sala s’est dit inquiet pour le week-end.

En France, France 24 recensait le 19 octobre les prochaines dates : lycéens les 22 et 24 octobre, « acte II » d’une coordination de gilets jaunes le 24 puis nouvelles actions le 31, grève intersyndicale le 5 novembre. Ailleurs, on parle de risques plutôt que de dates. Le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a déclaré à Bild qu’il voyait aussi l’Allemagne menacée, a rapporté Euronews le 19 octobre. Le chancelier autrichien Christian Stocker a déclaré le 20 octobre au quotidien viennois Heute que les violences en France devaient servir d’avertissement.

Voyager en Italie, en France ou en Albanie pendant les manifestations

Avant un départ, commencez par les conseils aux voyageurs officiels. Pour l’Albanie, le ministère français des Affaires étrangères demandait le 14 octobre d’éviter les abords du ministère de l’Éducation, la route de Durrës, la place Skanderbeg et les bâtiments officiels, et invite à s’inscrire sur Fil d’Ariane ; la page britannique du 15 octobre conseille aussi d’éviter les manifestations du centre de Tirana. Londres rappelle dans sa mise à jour du 19 octobre pour la France que des couvre-feux locaux peuvent tomber à bref délai, et sa page sur l’Italie souligne que manifestations et grèves des transports y surviennent souvent presque sans préavis. L’ambassade de Russie à Paris, dans un message Telegram relayé par Vedomosti le 20 octobre, a appelé ses ressortissants à éviter les lieux de manifestation et à redoubler de vigilance les jours de mobilisation.

Les manifestations en Europe de cet automne suivent un schéma qui permet de s’organiser. À Milan comme dans les villes françaises, les heurts les plus graves ont eu lieu le week-end, autour des places centrales où les cortèges partaient ou arrivaient. Si votre hôtel se trouve près de la place du Dôme, de la place de la République ou de la place Skanderbeg, prévoyez l’après-midi du 24 octobre dans un autre quartier et gardez vos papiers sur vous. En France, les couvre-feux relèvent des préfets : suivez leurs annonces et celles de l’exploitant des transports, et éloignez-vous de toute rue où un attroupement se forme.

Checklist pratique

  • Relisez la fiche Conseils aux voyageurs de votre pays pour l’Italie, la France ou l’Albanie la veille du départ et à l’arrivée.
  • Vérifiez la distance entre votre hôtel et la place du Dôme, la place de la République ou la place Skanderbeg.
  • Gardez le samedi 24 octobre flexible à Milan et dans les villes françaises, où de nouveaux cortèges sont annoncés.
  • Suivez l’exploitant des transports pour les stations fermées et les arrêtés de la préfecture pour les couvre-feux.
  • Inscrivez-vous sur Fil d’Ariane ou le service équivalent de votre pays pour recevoir les alertes de sécurité.

Questions et réponses

Quels pays européens ont connu des manifestations violentes en octobre 2026 ?

Les affrontements les plus graves de la mi-octobre ont eu lieu en France, en Italie et en Albanie. La Belgique et le Portugal ont connu de grands cortèges le 17 octobre, avec des gaz lacrymogènes à Bruxelles, et ABC comptait le 20 octobre six pays touchés par la vague, dont l’Espagne, où elle situe les premières protestations le 26 septembre.

Comment les émeutes de Milan ont-elles commencé le 17 octobre ?

Elles ont éclaté en marge d’un cortège autorisé contre la hausse des prix. Pendant deux jours, des jeunes masqués ont ensuite brisé des vitrines et pillé des magasins autour de la cathédrale, et selon des sources policières citées par l’ANSA, la plupart des personnes conduites à la questure le dimanche avaient moins de 18 ans.

Les soldats envoyés à Milan auront-ils des pouvoirs de police ?

Non. Le décret du 20 octobre ajoute 500 militaires à Milan, mais selon Il Post les pouvoirs de police judiciaire ont été retirés après l’objection du Quirinal. Ils rejoignent l’opération Strade Sicure (« Rues sûres »), qui protège déjà des sites sensibles dans les villes italiennes.

Y a-t-il un couvre-feu en Italie ou en France après les émeutes d’octobre ?

En France, les préfets ont instauré des couvre-feux partiels à partir du soir du 19 octobre dans certains quartiers de Paris, à Lyon et à Lille, et les conseils britanniques préviennent que d’autres peuvent suivre à bref délai. En Italie, selon dpa le 20 octobre, un couvre-feu dans certains centres-villes était seulement à l’étude.

Peut-on encore se rendre à Milan, Paris ou Tirana pendant ces manifestations ?

Au 20 octobre 2026, les conseils publiés par les gouvernements britannique et français et par l’ambassade de Russie à Paris portent sur l’évitement des manifestations, le suivi de l’actualité locale et le respect des consignes des autorités. Consultez la version la plus récente pour votre destination avant de partir.

L’histoire continue

Ce que VJOURNAL a encore publié à ce sujet, dans l’ordre de parution.

  1. Manifestations en Albanie : ce qui se passe à Tirana, ce que veulent les étudiants, conseils aux voyageurs
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