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SportRubrique mondiale16 septembre 2026

Hors-jeu de Mbappé : ce que mesure la décision, pas l’arrêt sur image

Le but de Mbappé dans le Clásico a été refusé sans passage au moniteur. Trois cas documentés montrent quel instant les officiels mesurent, comment une nouvelle touche déplace la référence et pourquoi l’image télévisée n’est pas toujours décisive.

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Réponse en bref

Le hors-jeu se juge sur la position au moment pertinent où un coéquipier touche le ballon, puis devient une infraction seulement si le joueur intervient. Les cas diffèrent par la technologie et le moment de référence, pas par la Loi 11 de l’IFAB.

18 sources
La position de hors-jeu se juge au moment où un coéquipier joue ou touche de nouveau le ballon, pas à partir d’un arrêt sur image choisi au hasard.
Le but de Mbappé dans le Clásico du 26 octobre 2025 a été refusé sans revue au moniteur, un processus normal pour un contrôle factuel de hors-jeu.
Contre Majorque le 30 août 2025, Mbappé a eu deux buts refusés pour hors-jeu en première période, tandis qu’un autre but de Güler a été annulé pour main.

Analyser un hors-jeu contesté sans tomber dans le piège de l’arrêt sur image

Ce guide compare trois buts refusés documentés qui reposent sur des mécanismes de vérification différents : une ligne calibrée sans passage de l’arbitre au moniteur, une polémique sur l’image montrée aux téléspectateurs et un contact décisif détecté par un capteur dans le ballon plutôt que par les caméras. Chaque cas suit la même logique : ce que voit le public, ce que les officiels contrôlent réellement et les preuves qui soutiennent la décision.

Le but de Mbappé dans le Clásico a été refusé sans moniteur

Le 26 octobre 2025 au Santiago Bernabéu, le Real Madrid a battu Barcelone 2-1 et un but de Kylian Mbappé a été annulé pour hors-jeu. El Debate rapporte que la décision vient du système semi-automatisé et que l’arbitre n’est pas allé au moniteur. Al Jazeera situe la frappe hors de la surface. Les comptes rendus ouverts n’identifient pas l’auteur de la dernière passe, donc l’article ne l’invente pas. Les sources divergent aussi sur le détail : Sports Illustrated place l’action à la 12e minute, COPE à la 14e et évoque une petite partie du pied, tandis qu’ESPN la situe dans le premier quart d’heure.

La même séquence du match a connu une autre intervention VAR : un penalty d’abord accordé pour une action sur Vinícius a ensuite été annulé. La différence ne se réduit pas à automatisation contre arbitre humain. Selon le protocole VAR de l’IFAB, une décision factuelle de position comme le hors-jeu est souvent traitée par les arbitres vidéo sans revue sur le terrain, même si l’arbitre reste le décideur final et qu’une revue est permise. FIFA explique que les arbitres vidéo vérifient le point de frappe et la ligne proposés avant de communiquer le résultat. Un hors-jeu sans moniteur est donc normal pour ce type de contrôle ; le penalty posait une question plus interprétative.

L’IFAB définit la position par le corps et le deuxième dernier adversaire

La Loi 11 de 2026/27 considère un joueur en position de hors-jeu lorsqu’une partie de sa tête, de son corps ou de ses pieds se trouve dans la moitié adverse et plus près de la ligne de but que le ballon et le deuxième dernier adversaire. Ce dernier n’est pas forcément un défenseur : selon les positions, il peut s’agir du gardien ou de n’importe quel autre adversaire. Les mains et bras sont exclus ; la limite inférieure de l’aisselle sert de frontière pour le bras.

C’est le premier point souvent oublié : être en position de hors-jeu n’est pas une infraction en soi. La loi distingue l’emplacement du joueur de son intervention ultérieure dans l’action.

La position devient une infraction seulement si le joueur intervient

La Loi 11 décrit les formes d’intervention pertinentes : jouer ou toucher un ballon envoyé par un coéquipier, gêner un adversaire ou tirer avantage d’un rebond, d’une déviation ou d’un sauvetage délibéré. Elle précise aussi qu’un ballon reçu directement d’un coup de pied de but, d’une touche ou d’un corner ne crée pas d’infraction de hors-jeu.

Dans le Clásico, une fois la position établie, la condition était simple : Mbappé reçoit le ballon d’un coéquipier puis frappe. Le débat porte donc sur la précision de la ligne de position, pas sur la possibilité de sanctionner un attaquant qui joue le ballon depuis une position interdite.

Les officiels mesurent le point de frappe, pas une image télé choisie au hasard

La ligne de hors-jeu ne doit pas être tracée sur n’importe quelle image de la retransmission. La Premier League explique que, dans son processus antérieur au SAOT, les opérateurs Hawk-Eye identifiaient le point de frappe dans des flux synchronisés à 50 images par seconde avant de positionner manuellement la ligne sur la partie du corps concernée. Cette page décrit un ancien processus de Premier League, pas exactement les systèmes de Liga ou du Mondial 2026, mais le principe général est commun : déterminer d’abord le contact, puis juger la position à cet instant.

Comme un flux 50 fps est composé d’images discrètes, on peut déduire qu’un contact entre deux images doit être représenté par l’une des images disponibles ; la Premier League ne formule pas elle-même cette déduction. Elle explique en revanche pourquoi une ligne correcte peut sembler étrange : l’angle de caméra et son roulis peuvent déformer les distances apparentes et la verticalité à l’écran.

Une polémique comparable a suivi le premier but refusé à Mbappé contre Majorque. El Debate critiquait le fait que la réalisation montre le moment de la passe et la position de l’attaquant sur des images séparées, ce qui a poussé certains spectateurs à soupçonner le choix de l’image. Cette critique concerne la présentation télévisée, pas une preuve que la décision officielle a été invalidée ou démontrée fausse.

La perception humaine peut se tromper sur quelques millisecondes décisives

Puya Soltani, du Centre for Analysis of Motion de l’université de Bath, a utilisé la capture de mouvement dans une expérience de laboratoire avec dix étudiants. Ils devaient identifier le contact avec le ballon et évaluer la position ; l’erreur temporelle moyenne atteignait environ 132 millisecondes. À près de 8 mètres par seconde, cet écart peut représenter environ un mètre de déplacement. L’étude note aussi que certains angles de caméra peuvent parfois produire une illusion de position.

Cette recherche n’évalue pas la technologie précise utilisée dans les matches 2025–2026 étudiés ici. Elle explique un problème général de perception : une image qui paraît décisive au spectateur peut différer d’une mesure calibrée fondée sur le moment réel du contact.

Deux hors-jeu contre Majorque montrent que “évident” n’est pas une catégorie juridique

Le Real Madrid a battu Majorque 2-1 le 30 août 2025 et Mbappé a eu deux buts refusés en première période. Le premier, à la 6e minute après une longue passe de Trent Alexander-Arnold, a été signalé par le système semi-automatisé. Le second suit une passe d’Arda Güler dans le temps additionnel de la première période. Les médias les décrivent différemment : El Debate juge le second plus évident, tandis qu’El Español souligne le même schéma d’attaque derrière la ligne. Güler a lui aussi eu un but annulé ensuite, mais pour une main après revue VAR, pas pour hors-jeu.

Ces descriptions montrent une distinction utile. “Serré” et “évident” sont des manières visuelles ou journalistiques de décrire l’écart, pas des versions différentes de la Loi 11. Le test réglementaire ne devient ni plus dur ni plus souple parce que la marge paraît plus grande.

Le cas Gvardiol au Mondial 2026 a déplacé le moment de référence

Le 2 juillet 2026, le Portugal a battu la Croatie 2-1 en seizièmes de finale du Mondial et un but tardif de Joško Gvardiol a été refusé dans le temps additionnel. ESPN, citant FIFA, décrit un centre d’Ivan Perišić dévié par Renato Veiga vers Igor Matanović. Les ralentis donnaient l’impression que Matanović n’avait peut-être pas touché le ballon avant qu’il n’arrive à Mario Pašalić, dont le contact suivant mène à la finition de Gvardiol. La technologie Connected Ball dans l’Adidas Trionda a détecté une légère tête de Matanović que les caméras ne montraient pas clairement. Selon l’explication FIFA relayée par ESPN, Pašalić était hors-jeu à ce nouveau moment de contact.

La différence avec les cas Mbappé n’est donc pas une loi différente mais un point de référence différent. Dans le Clásico et contre Majorque, le moment clé était la passe initiale d’un coéquipier. Ici, le léger contact de Matanović crée une nouvelle touche d’un partenaire et déplace le moment d’évaluation. La position de Pašalić doit être jugée à cet instant plus tardif.

Jeu délibéré d’un défenseur et touche d’un partenaire suivent deux logiques

Deux mécanismes sont souvent confondus. Si un défenseur joue délibérément le ballon, même maladroitement, une précédente position de hors-jeu d’un attaquant peut cesser d’être pertinente ; l’exception est le sauvetage délibéré. La clarification IFAB de 2022 et la Loi 11 actuelle citent notamment distance, vitesse du ballon et temps disponible pour coordonner l’action afin de distinguer jeu délibéré et déviation réflexe.

Le cas Gvardiol est différent parce que le contact décisif vient d’un coéquipier attaquant, Matanović, et non d’un défenseur. Il ne s’agit pas d’une remise à zéro provoquée par le jeu défensif mais de la règle ordinaire qui réévalue la position chaque fois qu’un partenaire joue ou touche le ballon. Dans les deux récits un contact change tout, mais la loi agit pour des raisons différentes.

Checklist pratique

  • Une position de hors-jeu seule n’est pas une infraction ; le joueur doit intervenir dans l’action.
  • Vérifiez si l’attaquant joue le ballon, gêne un adversaire ou tire avantage d’un rebond, d’une déviation ou d’un sauvetage.
  • Un joueur ne peut pas être sanctionné pour hors-jeu sur réception directe d’un coup de pied de but, d’une touche ou d’un corner.
  • Demandez si un défenseur a joué délibérément le ballon après la position initiale ; cela peut remettre la phase à zéro sauf en cas de sauvetage.
  • Ne confondez pas un but annulé pour hors-jeu avec un but annulé pour une autre raison, comme dans le match contre Majorque.

Questions et réponses

Un arbitre peut-il refuser un but pour hors-jeu sans aller au moniteur ?

Oui. Une question factuelle de position peut normalement être traitée par les arbitres vidéo sans revue sur le terrain, même si l’arbitre garde la décision finale. Les sources du Clásico décrivent ainsi le but refusé à Mbappé.

Le gardien peut-il être le deuxième dernier adversaire ?

Oui. La Loi 11 parle du deuxième dernier adversaire et non nécessairement d’un défenseur. Si le gardien est monté, deux autres adversaires peuvent devenir les références pertinentes.

Que se passe-t-il si la touche décisive vient d’un coéquipier attaquant ?

La position est réévaluée chaque fois qu’un coéquipier joue ou touche le ballon. Dans le cas Gvardiol en 2026, un léger contact de Matanović détecté par le capteur crée un nouveau moment de référence pour Pašalić.

Quelle différence entre jeu délibéré du défenseur et simple déviation ?

L’IFAB considère notamment distance, vitesse et temps de préparation. Un jeu délibéré peut annuler l’effet d’une ancienne position, sauf en cas de sauvetage, alors qu’une déviation réflexe n’a pas le même effet.