Réponse en bref
Aucune des sources utilisées ici ne décrit une étude menée précisément sur des parfums de célébrités. La science confirme qu'une étiquette verbale peut modifier le jugement porté sur une odeur courante, hors parfumerie ; transposer cette conclusion aux parfums de célébrités reste une hypothèse, qui ne pourrait être vérifiée qu'avec une liste fermée d'options, un échantillon témoin sans marque et un animateur qui ignore quel code correspond à quel parfum.
Test à l'aveugle d'un parfum de célébrité : trois questions en une
Peut-on reconnaître le parfum d'une célébrité au seul flair, sans flacon, sans boîte et sans nom sur l'étiquette ? Il est tentant de réduire la question du parfum de célébrité à un simple « ça plaît ou pas », alors qu'elle cache en réalité trois questions distinctes : la personne reconnaît-elle la marque ou le visage à l'odeur, le jugement de plaisance du même échantillon change-t-il quand la personne découvre le nom sur le flacon, et est-elle capable de deviner le prix de vente à l'aveugle. Répondre à l'une de ces questions ne permet pas de prédire la réponse aux deux autres.
Ce texte n'est pas le compte rendu d'une expérience déjà menée, mais une mise au point sur ce que la science et le marché ont déjà confirmé, et sur la façon dont un test honnête devrait être conçu s'il était un jour réalisé. Il n'y a ici ni chiffres exacts, ni pourcentages, ni gagnants, et il ne peut pas y en avoir tant qu'un tel test n'a pas été mené physiquement, avec de vrais échantillons et de vrais participants ; en attendant, il est plus honnête d'expliquer le mécanisme et la méthode que de mettre en scène un résultat qui n'existe pas.
Comment une étiquette verbale transforme le jugement d'une odeur : les expériences de Herz
L'idée qu'un nom sur une étiquette puisse changer l'impression laissée par l'odeur elle-même s'appuie sur des expériences publiées en psychologie de l'olfaction, mais, comme on le verra plus loin, ni sur des parfums ni sur des images de célébrités. Dans une étude de Rachel Herz et Julia von Clef, publiée dans la revue Perception en 2001, les mêmes personnes ont senti cinq odeurs à deux reprises, à une semaine d'intervalle, parmi lesquelles la feuille de violette, le patchouli, l'huile de pin, le menthol et un mélange d'acide isovalérique et butyrique ; à chacune des deux séances, la même odeur portait une étiquette verbale différente, tantôt positive, tantôt négative.
L'étiquette modifiait de façon significative le jugement de plaisance porté sur la même odeur physique, et dans certains cas l'inversait complètement : les auteurs décrivent ces cas par la formule « verbal labels inverted odor perception », c'est-à-dire les étiquettes verbales ont inversé la perception de l'odeur, traduction de la rédaction. Dans une étude ultérieure de Herz, publiée dans le Journal of Experimental Psychology: General en 2003, une information verbale sur la source d'une odeur modifiait le jugement hédonique de huit odeurs courantes présentées sous forme naturelle et synthétique, que l'odeur soit ou non physiquement perçue à ce moment-là.
Une réserve importante s'impose : les deux expériences portaient sur des odeurs courantes, hors parfumerie et hors univers des célébrités ; aucune des sources utilisées ici ne décrit d'étude portant précisément sur la reconnaissance de parfums de célébrités. Transposer cette conclusion aux parfums de célébrités est plausible sur le plan logique, puisque le mécanisme est le même, un mot modifie la perception d'une sensation, mais il s'agit d'une extrapolation, pas de la reproduction d'une expérience existante sur le matériau qui nous intéresse ici, et cela doit être vérifié à nouveau plutôt que considéré comme déjà prouvé.
Licence ou participation personnelle : comment naissent les parfums de célébrités
Le nom d'une célébrité sur un flacon ne signifie pas toujours qu'elle a participé à l'élaboration de la formule. L'historique du parfum Lovely, tel que le rapporte Wikipédia, offre une exception révélatrice : Sarah Jessica Parker, qui a lancé Lovely en 2005, s'intéressait personnellement à la parfumerie et a pris part à son développement, même si la formule elle-même a été composée par les parfumeurs Clement Gavarry et Laurent Le Guernec, de la maison International Flavors & Fragrances.
Le même article présente ce cas comme une exception à une pratique plus courante, dans laquelle la célébrité prête son nom et son visage pour promouvoir un parfum sous licence et, selon la formulation de Wikipédia, ne participe guère à autre chose qu'à la publicité du parfum lui-même. Ce document ne dispose d'aucune donnée précise du secteur sur la part des parfums de célébrités conçus de cette façon ; il est donc plus juste de dire que le modèle varie plutôt que d'affirmer que tous fonctionnent pareil. Pour un test de reconnaissance, cela distingue deux éléments souvent confondus : le nom sur le flacon et le contenu du flacon ne sont pas toujours l'œuvre de la même personne.
Qui vend des parfums de célébrités en 2026
Ce n'est pas une curiosité historique, mais un marché bien vivant. L'un des exemples récents est le « Hot Girl Summer Eau de Parfum » de Megan Thee Stallion. Selon le communiqué de Coty du 2 juillet 2026, il s'agit d'un parfum mixte en édition limitée, en flacons de 90 et 10 ml, vendu chez certains détaillants aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada ainsi que sur le site de l'artiste ; aux États-Unis, selon The Source, la vente passait par le réseau Ulta Beauty. Selon la page de la marque sur Ulta Beauty au 15 septembre 2026, le prix aux États-Unis était de 29 dollars pour 10 ml et 84 dollars pour 90 ml. The Source cite ses propos du 2 juillet 2026 : « Le parfum est la dernière chose qu'on met, mais la première dont les gens se souviennent », traduction de la rédaction, en version originale « Perfume is the last thing you put on, but it's the first thing people remember ».
Plus tard, le 31 juillet 2026, Hypebeast a rapporté qu'un autre parfum de célébrité était déjà en vente en ligne : « Eilish Intense », de Billie Eilish. Un parfum antérieur de la même artiste, « Your Turn », selon le média El Plural, était sorti en février 2025.
Parmi les sorties précédentes : le parfum « Cloud Pink » d'Ariana Grande, selon WWD, est arrivé en vente sur Ulta.com en août 2023. « Caramel Dream » de Sabrina Carpenter, selon Grazia UK, a débuté aux États-Unis à l'été 2023, puis est sorti au Royaume-Uni en 2024 au prix de 24,99 £ les 30 ml ; mais sur la page de la marque chez Ulta Beauty, au 15 septembre 2026, les prix sont déjà différents, entre 35 et 55 dollars, ce qui empêche d'utiliser ce prix en livres de 2024 comme point de comparaison actuel pour le marché américain.
Deux autres lignes sont confirmées au 15 septembre 2026 par les pages de vente elles-mêmes, mais sans date de lancement fermement établie dans les sources disponibles pour ce document : « Cé Lumière » de Beyoncé se vend chez Ulta Beauty à 160 dollars, et « Suite 302 » se vend sur le site Victoria Beckham Beauty à 200 ou 290 dollars selon le format.
Que signifient les anciens chiffres de ventes de Beyoncé et d'Aguilera
Pour donner une idée de la taille de la catégorie, on cite parfois des chiffres d'années passées, mais ils sont faciles à déformer si l'on ne conserve pas la formulation exacte de la source. Selon WWD du 9 août 2013, un représentant de Coty Prestige avait déclaré que l'ensemble des parfums de Beyoncé avait rapporté plus de 400 millions de dollars de ventes au détail, ce qui plaçait sa maison de parfumerie parmi les trois lignes de parfums de célébrités les plus vendues, aux côtés des lignes d'Elizabeth Taylor et de Justin Bieber. Ce chiffre couvre l'ensemble de la maison de parfumerie de Beyoncé, pas la seule ligne Heat, et ce classement dans le trio de tête concerne les parfums de célébrités, pas l'ensemble des parfums dans le monde.
Selon WWD du 12 mai 2016, l'analyste Stifel Mark Astrachan, dans une note de janvier de cette année-là, estimait les ventes de la licence Christina Aguilera Fragrances à environ 80 millions de dollars, avec un EBITDA d'environ 10 millions ; il s'agit d'une estimation de ventes sur une période donnée, pas d'un revenu mensuel constant. Ces deux chiffres sont un repère historique sur la taille de la catégorie en 2013 et 2016, pas la performance actuelle de ces lignes en 2026, sur laquelle ce document ne dispose d'aucune donnée.
Comment devrait être conçu un test à l'aveugle honnête
Pour qu'une manche de reconnaissance démontre quoi que ce soit, elle ne peut pas être construite comme une question ouverte sans options : si un participant reçoit un échantillon numéroté et qu'on lui demande simplement ce que c'est, presque toutes les réponses se révéleront fausses, simplement parce que le nombre de réponses possibles est infini. Un protocole honnête suppose une liste fermée de marques, de catégories et de personnalités avec des options leurres, fixée à l'avance en même temps que la liste des échantillons eux-mêmes.
Révéler le nom après l'évaluation à l'aveugle d'un échantillon ne doit pas avoir lieu dans la même manche que l'évaluation des échantillons suivants : un participant qui vient d'apprendre qu'il a affaire à un parfum de célébrité devinera différemment par la suite, ce qui fausse toutes les réponses ultérieures. Il est donc plus logique de mener l'intégralité du tour à l'aveugle sur tous les échantillons, reconnaissance, plaisance, prix, avant toute révélation, et de réserver la comparaison entre avant et après la révélation à une étape séparée et plus tardive.
L'animateur qui présente les échantillons au participant ne doit pas savoir quel code correspond à quel parfum, sous peine de suggérer involontairement la réponse par un ton de voix ou une pause. Un échantillon témoin sans nom de célébrité, comparable en prix et en profil olfactif, est également utile : sans lui, le test répond seulement à la question de la reconnaissance, pas à celle de savoir si le parfum vaut son prix, la question qui motive généralement le débat sur cette catégorie.
Les détails techniques pèsent aussi sur le résultat : les échantillons doivent être appliqués sur des touches à parfum, et non sur la peau, avec la même dose et le même temps de repos avant l'évaluation, car les notes de tête d'un parfum s'évaporent plus vite que les notes de fond. Comme pause entre les échantillons, mieux vaut aérer et respirer l'air ambiant que sentir des grains de café : selon une étude de Grosofsky et ses collègues, publiée en 2011 dans la revue Perceptual and Motor Skills, les grains de café n'ont montré aucun avantage par rapport à l'air ambiant ou aux tranches de citron pour reposer l'odorat entre deux odeurs.
Ce qu'un tel test pourrait démontrer et ce qui resterait inconnu
Même avec un protocole rigoureux, le résultat d'un petit groupe de volontaires reste une observation préliminaire, pas une étude à signification statistique : on ne peut pas généraliser une conclusion à toute la catégorie des parfums de célébrités à partir de quelques dizaines de participants ou moins, et cette limite doit être annoncée clairement dans la publication finale, pas laissée sous-entendue.
Se pose aussi la question de la confiance envers le média lui-même s'il organise un tel test : VITON13 possède sa propre ligne de parfums, VITON XIII, et l'inclure dans un test comme témoin sans marque et bon marché, sans avertir clairement le lecteur, constituerait un conflit d'intérêts. Si un tel test est un jour mené, la présence de tout échantillon lié au média lui-même doit être signalée séparément, et non déguisée en témoin neutre.
Enfin, la base psychologique sur laquelle repose l'idée même du test a été démontrée sur des odeurs domestiques, hors parfumerie ; le sens et l'ampleur de cet effet sur les parfums de célébrités en particulier n'ont pas encore été confirmés séparément. Supposer d'avance que le nom sur le flacon l'emporte toujours sur la formule reviendrait à affirmer un résultat qui n'existe pas encore.
Comment le lecteur peut vérifier un effet similaire par lui-même
Vérifier le mécanisme en lui-même, pas les conclusions sur telle ou telle marque, mais le fait qu'une étiquette verbale puisse changer le jugement porté sur une odeur, peut se faire sans laboratoire. Par exemple, demander à un proche de sentir, à des jours différents, deux échantillons identiques mais étiquetés différemment d'une même odeur domestique, hors parfumerie, puis comparer les jugements de plaisance : si les évaluations divergent plus que ne l'expliquerait la variabilité aléatoire, ce sera une illustration domestique, non strictement scientifique, du même effet que celui montré par Herz et von Clef.
Pour ce qui concerne précisément les parfums de célébrités, le lecteur qui veut savoir s'il paie pour un nom peut au moins comparer la composition, le volume et le prix au millilitre du parfum qui l'intéresse avec des parfums sans nom de célébrité dans la même gamme de prix et la même famille olfactive. Cela ne remplace pas un test à l'aveugle complet, mais offre une vérification distincte et plus simple, portant uniquement sur le prix et la composition, sans les manches de reconnaissance et de plaisance dont un test à l'aveugle se compose réellement.
Checklist pratique
- Liste fermée de marques et de catégories pour la manche de reconnaissance, avec des options leurres, et non une réponse libre
- Même dose, même touche à parfum et même temps de repos pour chaque échantillon, sans application sur la peau
- L'animateur qui présente les échantillons ne sait pas quel code correspond à quel parfum
- Au moins un parfum témoin sans nom de célébrité dans la même gamme de prix
- Aération et pause entre les échantillons plutôt que des grains de café
- Consentement écrit des participants et dépistage des allergies ou des troubles de l'odorat avant de commencer
Questions et réponses
Pourquoi un tel test doit-il aussi cacher le flacon, pas seulement le nom ?
On peut supposer que la forme du flacon de nombreuses lignes connues est reconnaissable à elle seule, si bien que cacher uniquement le nom ne suffit pas : il est méthodologiquement plus sûr de transvaser les échantillons dans des contenants neutres ou de les appliquer sur des touches sans aucun emballage visible à proximité.
Les expériences de Herz prouvent-elles que le nom sur un flacon de parfum change l'impression laissée par l'odeur ?
Pas directement : les deux expériences testaient des étiquettes verbales sur des odeurs domestiques courantes, pas des noms de célébrités sur des flacons de parfum, donc transposer la conclusion à la parfumerie reste une hypothèse qu'il reste à vérifier séparément.
Peut-on comparer des parfums de célébrités à des parfums de niche ou bon marché dans le même test ?
Cela peut se faire formellement, mais sans échantillon témoin dans la même gamme de prix et sans nom de célébrité, le résultat ne dira pas si la personne paie pour la formule ou seulement pour le nom sur l'étiquette du flacon.
Combien de participants faut-il pour qu'un tel test soit fiable ?
Un petit groupe de volontaires ne donne qu'une observation préliminaire, pas un résultat à signification statistique ; la taille de l'échantillon et ses limites doivent être annoncées clairement, sans présenter un essai comme une étude représentative.
Existe-t-il un risque de biais si le test est mené par un média qui possède sa propre ligne de parfums ?
Oui, c'est pourquoi les échantillons de la propre ligne de VITON13 ne peuvent pas être intégrés à un tel test comme témoin bon marché sans avertir clairement le lecteur, sous peine de rendre le résultat peu fiable en raison du conflit d'intérêts.

