Réponse en bref
EDT, EDP et Parfum sont des catégories de concentration, pas des normes légales : la page de la FDA sur les fragrances en cosmétique ne les définit pas, et le GOST 31678-2012 russe fixe seulement un pourcentage minimal de matière parfumante par catégorie. Les pourcentages exacts varient selon la source, et The Perfume Society avertit que des concentrations différentes d'un même nom peuvent parfois différer non seulement en intensité mais aussi dans la composition des notes.
Trois guides de référence, le GOST 31678-2012 et les mots de Kurkdjian réunis dans une même comparaison
Cette comparaison met en regard les fourchettes de pourcentage de trois sources de référence avec les seuils minimaux du GOST 31678-2012 russe pour les mêmes termes, un commentaire textuel déjà publié du parfumeur Francis Kurkdjian sur ce que lui-même appelle une réélaboration lorsqu'il change la concentration d'un même nom, et le cas inverse, où une mention identique produit malgré tout une odeur différente.
Ce que signifient réellement les lettres EDT, EDP et parfum
Eau de Toilette (EDT), Eau de Parfum (EDP) et Parfum (aussi appelé Extrait ou Extrait de Parfum) sont des appellations professionnelles pour différents niveaux de concentration d'huile parfumée dans une base alcoolique ou hydroalcoolique : plus la concentration est élevée, plus le parfum se perçoit généralement fort et plus il tient longtemps. Mais le caractère officiel de ces mots dépend du pays et de la source consultée. La page du régulateur américain, la FDA, sur les fragrances en cosmétique, ne mentionne pas du tout les termes « eau de toilette » ou « eau de parfum », ni de pourcentages de concentration. Le lecteur russe et des pays voisins dispose d'un repère plus concret : le GOST 31678-2012 interétatique fait correspondre les noms russes usuels à ces mêmes termes étrangers et fixe, pour chacun, un pourcentage minimal de matière parfumante. Mais même là, il s'agit d'un plancher, pas d'un pourcentage exact ni d'une description de la formule — détails dans la section suivante.
Cela ne signifie pas que les fabricants trompent les clients : selon Wikipedia en anglais, une version plus concentrée contient « souvent » plus d'huile parfumée, « mais ce n'est pas toujours le cas » (traduction de la rédaction). Au-delà des seuils minimaux du GOST et des catégories générales de la FDA, chaque maison et chaque source de référence fixe le pourcentage exact à sa manière ; la frontière entre Eau de Toilette et Eau de Parfum varie donc d'une source à l'autre, et un changement de lettre sur l'étiquette d'un même nom ne signifie pas toujours seulement « on en a rajouté ».
La page de la FDA élude les pourcentages, le GOST russe ne fixe qu'un minimum
La page officielle de la FDA « Fragrances in Cosmetics » ne cite que quelques exemples de produits parfumés régis comme cosmétiques : Perfume, Cologne, Aftershave. Ce sont des exemples, pas une liste fermée, et les mots « eau de toilette » et « eau de parfum », comme les pourcentages de concentration, n'apparaissent nulle part sur la page. La même page précise que la réglementation dépend de l'usage revendiqué du produit : un produit présenté comme un traitement (par exemple contre les maux de tête) est classé par la FDA comme médicament, pas seulement comme cosmétique. Une vérification complémentaire menée le 16 septembre 2026 dans le moteur de recherche de l'eCFR (le recueil des règlements fédéraux américains en vigueur) ne trouve non plus aucune occurrence de « eau de toilette » ni « eau de parfum » dans aucun document — mais il s'agit d'un recueil de règlements, pas du texte de la loi elle-même (le Federal Food, Drug, and Cosmetic Act), que la rédaction n'a pas vérifié directement. La seule conclusion défendable : ni la page de la FDA ni le recueil de l'eCFR ne définissent ni ne chiffrent EDT, EDP ou Parfum ; une affirmation plus large sur le texte de la loi exigerait de le lire directement.
Les pages de l'IFRA (International Fragrance Association) — l'association professionnelle pour la sécurité des matières premières parfumantes — sur ce qu'est une fragrance et comment elle est fabriquée n'emploient pas les termes « eau de toilette », « eau de parfum » ni « concentration ». Wikipedia en anglais attribue pourtant à l'IFRA un repère « typically ~20% » pour la catégorie Parfum et Extrait, alors que ce chiffre n'apparaît pas sur les pages officielles de l'organisation. Conclusion : dans les documents examinés, l'IFRA n'a pas de classification formelle par concentration — son domaine, c'est la sécurité des matières premières, pas l'intensité du produit fini.
Le lecteur russe dispose d'un repère plus concret, quoique limité aussi. Le GOST 31678-2012 interétatique, « Produits de parfumerie liquide. Spécifications générales », adopté le 15 novembre 2012 (procès-verbal n° 42) et en vigueur en Russie depuis le 1er juillet 2013 (arrêté de Rosstandart n° 1750-st), fait correspondre les noms russes aux termes étrangers et fixe un pourcentage minimal de matière parfumante : parfum concentré, au moins 30 % ; parfum « Extra », au moins 15 % ; parfum et eau de parfum, 10 % chacun ; eau de toilette, au moins 4 % ; cologne, au moins 1,5 %. L'annexe de la norme fait correspondre l'« eau de parfum » à Eau de Parfum, l'« eau de toilette » à Eau de Toilette, et le « parfum » à Parfum et Extrait. On ne peut donc pas dire que ces mentions ne sont définies nulle part dans le monde. Mais le GOST ne donne pas non plus ce que cherche l'acheteur : c'est un plancher « au moins », pas une fourchette ; les seuils du parfum et de l'eau de parfum sont identiques (10 % chacun) ; et la tenue du parfum y est mesurée en laboratoire sur de la gaze, pas sur la peau humaine.
Le bilan des sources examinées : la rédaction n'a trouvé aucune norme mondiale unique — ni la page de la FDA étudiée, ni une recherche dans l'eCFR, ni les pages pertinentes de l'IFRA en tant qu'organisme professionnel international n'en donnent une. La Russie dispose bien d'un tel repère, le GOST 31678-2012, mais même lui ne donne qu'un seuil plancher, pas un pourcentage exact. Le registre officiel de Rosstandart était inaccessible pendant la préparation de cet article : le statut de la norme (« en vigueur », sans date d'annulation indiquée, à la date du 16 septembre 2026) est confirmé par l'agrégateur indépendant allgosts.ru et par une copie archivée du texte, et non directement par la source première de l'organisme.
Pourquoi les guides de référence donnent des pourcentages de concentration différents
Puisque la norme officielle ne fixe qu'un minimum, pas une fourchette, on pourrait s'attendre à ce qu'au moins les sources de référence s'accordent entre elles sur les pourcentages usuels. En comparant les guides, cette attente ne se vérifie pas : trois sources donnent trois fourchettes différentes pour les mêmes termes.
Wikipedia en anglais : une large échelle et un aveu d'imprécision
L'article sur le parfum de Wikipedia en anglais donne ces fourchettes : Parfum ou Extrait, 15 à 30 % ; Eau de Parfum (EDP), 15 à 20 % ; Eau de Toilette (EDT), 5 à 15 % ; Eau de Cologne (EDC), 2 à 3 % ; Eau fraîche, jusqu'à 3 %. L'article reconnaît lui-même que la terminologie est « plutôt imprécise » et que différentes maisons mettent des quantités d'huile différentes dans une même catégorie déclarée. À côté de la fourchette de Parfum et Extrait figure, entre parenthèses, la mention « IFRA: typically ~20% » — mais, comme montré plus haut, ce chiffre n'apparaît pas sur les pages officielles de l'IFRA, et l'article n'explique pas d'où il vient.
Wikipedia en français : d'autres limites et un chiffre sans note de bas de page
L'article sur le parfum de Wikipedia en français donne un autre ensemble : eau fraîche, 1 à 3 % ; eau de Cologne, 4 à 6 % ; eau de toilette, 7 à 12 % ; eau de parfum, 12 à 20 % ; extrait de parfum, 20 à 40 % ; et, pour le « parfum en poudre » (parfum compact sans alcool), 31 % d'essences. Un détail révélateur : juste à côté, dans la même section, un fait sur la taxe sur l'alcool porte sa propre note sourcée, alors que les pourcentages de concentration eux-mêmes n'en ont pas. Même un article encyclopédique répète des chiffres sans en indiquer une source primaire vérifiable.
The Perfume Society : un troisième jeu de chiffres et un avertissement direct
L'entreprise britannique The Perfume Society Ltd, qui gère un site pédagogique sur le parfum tout en vendant des coffrets d'échantillons sous licence des marques, donne une troisième version sur sa page FAQ (publiée pour la première fois en 2013, mise à jour en 2018) et dans son article d'octobre 2024 « Fragrant facts & myths » : Extrait ou parfum solide, 20 à 30 % ; Perfume, 15 à 25 % ; Eau de Parfum (EDP), 8 à 15 % ; Eau de Toilette (EDT), 4 à 8 % ; Eau de Cologne, After Shave et savon, 2 à 4 %. La même source comporte un avertissement direct au lecteur : les concentrations varient d'un parfum à l'autre, et des concentrations différentes d'un même nom peuvent avoir une composition de notes différente, pas seulement être plus faibles ou plus fortes. Un autre article de la même publication, de juin 2023, sur Extrait contre Eau de Parfum, ajoute une nuance pratique : une version plus intense tient généralement plus longtemps sur la peau mais, selon la formulation prudente de l'autrice, peut se projeter moins à distance — c'est-à-dire qu'elle convient davantage au contact rapproché qu'à se faire remarquer de loin.
Même la norme officielle ne réconcilie pas les chiffres : le GOST 31678-2012 exige au moins 4 % pour l'eau de toilette et 10 % chacun pour l'eau de parfum et le parfum, soit un minimum, pas une fourchette. En mettant les sources côte à côte, les limites ne coïncident tout simplement pas : pour Eau de Toilette, 5–15 % chez une source contre 7–12 % chez une autre et 4–8 % chez une troisième ; pour Eau de Parfum, 15–20 % contre 12–20 % et 8–15 %. Chez The Perfume Society elle-même, la limite haute d'EDT (8 %) touche la limite basse d'EDP (également 8 %) — les catégories se frôlent même au sein d'une seule et même source. Ce n'est pas une erreur qu'un « bon » chiffre permettrait de corriger : trois sources vérifiées divergent, et tout chiffre publié dans un article ou sur le site d'une marque est celui de cette source précise, pas un fait universel.
Ce que Kurkdjian a réellement dit sur Aqua Universalis Forte
La norme officielle ne fixe qu'un seuil minimal, pas un pourcentage exact — et un mot sur l'étiquette n'explique pas à lui seul ce qui se cache derrière un changement précis chez une maison donnée. Le parfumeur Francis Kurkdjian, cofondateur de Maison Francis Kurkdjian, fondée en 2009 avec Marc Chaya, a raconté en 2020, dans un entretien écrit accordé à The Perfume Society, la création d'Aqua Universalis Forte (eau de parfum) à partir de son propre Aqua Universalis, sorti à l'origine en eau de toilette : selon ses mots, « j'ai retravaillé l'eau de toilette d'origine en eau de parfum » (traduction de la rédaction). Il compare ensuite l'effet à la même partition jouée par un orchestre de chambre puis par un orchestre symphonique : « le même esprit et la même ambiance, la même histoire, mais plus fort » (traduction de la rédaction).
Cette citation ne permet pas de conclure que la composition des notes a nécessairement changé : Kurkdjian lui-même décrit le résultat comme la même histoire, seulement plus forte, pas comme une odeur différente. Le mot « retravaillé » montre que la maison présente cela comme un travail délibéré sur la version Forte — mais la rédaction n'a pas pu consulter de fiche officielle de composition avec la liste des notes : le site de Maison Francis Kurkdjian était inaccessible pendant la préparation de cet article. On ne peut pas affirmer que les notes ont changé.
On ne peut en déduire ni que toute paire EDT et EDP d'un même nom a été retravaillée, ni que la composition des notes de Kurkdjian a nécessairement changé — la source ne confirme directement aucune des deux conclusions. Mais l'exemple montre qu'un mot sur l'étiquette ne dit pas si l'on a affaire à un simple renforcement ou à une réélaboration : cela vaut la peine de le vérifier dans la composition du produit plutôt que de le supposer.
Pourquoi une mention identique ne garantit pas la même odeur
Le même entretien offre aussi un exemple inverse, à retenir séparément. Les parfums Gentle Fluidity Gold et Silver — deux produits de Maison Francis Kurkdjian, tous deux commercialisés en eau de parfum — sont composés, selon Kurkdjian, à partir de la même liste d'ingrédients, mais créent des univers olfactifs complètement différents. Autrement dit, une mention identique sur l'étiquette — ici, eau de parfum pour les deux — ne garantit rien non plus dans l'autre sens : elle ne promet pas que l'odeur sera semblable si la composition est agencée différemment.
Ce que signifient Forte, Intense, Elixir et les autres mentions de l'étiquette
Sur certains flacons, un mot vient s'ajouter aux trois mentions de base : Forte, Intense, Elixir, Absolu et autres. Ni la FDA sur sa page consacrée aux matières parfumantes en cosmétique, ni l'IFRA sur les pages consultées, ni le GOST 31678-2012 ne mentionnent ces mots. Le seul mot sur l'étiquette ne permet donc pas de savoir ce qui se cache derrière un tel suffixe chez une marque donnée : une concentration plus élevée du même parfum, une composition retravaillée — comme Kurkdjian lui-même le décrit dans l'exemple d'Aqua Universalis Forte ci-dessus — ou un nom pour lequel la marque ne révèle pas ouvertement la différence de formule. Cela peut se vérifier dans la description de la composition sur la fiche du produit précis, si la marque la publie.
Ce qu'il vaut mieux vérifier avant d'acheter, au-delà des lettres
Il vaut mieux considérer les trois lettres du flacon comme une première indication, pas comme le seul fondement de la décision d'achat. Il est plus utile de regarder non seulement le sigle, mais aussi la liste complète des notes ou la composition que la marque publie sur la fiche produit : c'est un indice sur la proximité de l'odeur avec ce que l'on connaît déjà sous ce nom, pas une garantie ; The Perfume Society elle-même souligne que même des concentrations différentes d'un même nom diffèrent parfois par la composition des notes, pas seulement par l'intensité. Il faut garder à l'esprit qu'un pourcentage est un chiffre propre à une source précise, à un guide de référence ou, au mieux, à un minimum officiel, et non une garantie universelle : les guides de référence cités ici situent l'Eau de Parfum entre 8 et 20 %, tandis que le GOST russe fixe pour la même catégorie un simple plancher de 10 %. Il vaut la peine de vérifier séparément un changement de mention sur un nom déjà connu : parfois, c'est un simple renforcement du même concentré, et parfois, comme pour Aqua Universalis, la maison elle-même parle de réélaboration. Enfin, pour les versions plus intenses, il vaut mieux comparer le prix au millilitre plutôt que de se fier seulement au prix du flacon : cela permet de mieux voir si l'on paie trop cher pour la concentration.
Checklist pratique
- Consultez la liste complète des notes ou la composition sur la fiche produit, pas seulement le sigle EDT, EDP ou Parfum.
- Ne considérez pas un pourcentage de concentration comme une garantie : les guides de référence donnent des fourchettes différentes pour un même terme, et la norme officielle ne fixe qu'un plancher.
- Si une marque propose une version plus intense d'un nom connu, vérifiez s'il s'agit d'un simple renforcement du même concentré ou d'une composition retravaillée, comme Kurkdjian le dit de son Aqua Universalis Forte.
- Les mentions supplémentaires — Forte, Intense, Elixir, Absolu — n'apparaissent ni sur la page de la FDA consacrée aux fragrances, ni sur les pages de l'IFRA consultées, ni dans le GOST ; vérifiez ce que cette marque précise y met.
- Comparez le prix au millilitre, pas seulement le prix du flacon : cela permet de mieux voir si l'on paie trop cher pour la concentration.
Questions et réponses
Est-il vrai qu'Eau de Parfum est toujours « supérieure » ou plus prestigieuse qu'Eau de Toilette ?
Non : les deux mots décrivent seulement un ordre approximatif de concentration, pas une qualité. Le pourcentage exact est fixé par la marque, dans la limite des minima applicables comme le GOST 31678-2012, et les guides de référence ne s'accordent même pas sur les fourchettes de ces termes.
Le pourcentage de concentration permet-il de prédire exactement la tenue du parfum sur la peau ?
Pas directement. The Perfume Society avertit explicitement que la concentration varie d'un parfum à l'autre, et la tenue dépend aussi de la peau, du stockage et de la composition elle-même — un guide séparé de la rédaction traite ces facteurs en détail.
Que signifient les mots Forte, Intense, Elixir ou Absolu sur certains flacons ?
Ni la page de la FDA sur les fragrances, ni les pages de l'IFRA consultées, ni le GOST 31678-2012 ne mentionnent ces mots. Chaque maison décide elle-même ce qu'elle y met ; la différence se voit dans la composition du produit précis, si la marque la publie.
Si un même parfum existe en EDT et en EDP sous le même nom, s'agit-il du même concentré simplement dilué différemment ?
Pas toujours de la même façon : cela dépend de la marque. Chez Francis Kurkdjian, le passage d'Aqua Universalis à Aqua Universalis Forte est, selon ses propres mots (traduction de la rédaction), une « réélaboration » ; il décrit lui-même le résultat comme la même histoire jouée par un orchestre plus grand. Savoir si les notes ont changé dans un cas précis relève de la fiche de composition du produit, pas du sigle EDT ou EDP lui-même.
Existe-t-il une norme officielle publique pour les pourcentages d'EDT, d'EDP et de Parfum ?
La rédaction n'a trouvé aucune norme mondiale unique. La page de la FDA sur les fragrances en cosmétique ne distingue pas ces termes ni de pourcentages en catégorie à part, et une recherche dans le recueil de la réglementation fédérale américaine (eCFR) à la date du 16 septembre 2026 ne trouve aucune occurrence de « eau de toilette » ni « eau de parfum » — sans que le texte de la loi elle-même (le Federal Food, Drug, and Cosmetic Act) ait été vérifié séparément. En Russie s'applique le GOST 31678-2012 interétatique, qui fixe seulement le pourcentage minimal de matière parfumante pour le parfum, l'eau de parfum et l'eau de toilette, pas un pourcentage exact ni la formule. L'existence d'une norme obligatoire similaire en France ou dans l'Union européenne n'a pas été confirmée directement.

