Réponse en bref
Une tempête géomagnétique est une perturbation du champ magnétique terrestre provoquée par le vent solaire. La NOAA la mesure avec l’indice Kp et parle de tempête à partir de Kp 5, du niveau G1 au G5. Au 18 octobre 2026, le mois comptait une G2 le 4, une G1 le 5 et une G3 le 10, et la NOAA attendait une G1 le 20 octobre. Les données sur la santé restent contradictoires.
La tempête géomagnétique, l’indice Kp et l’échelle G1–G5
Une tempête géomagnétique est une forte perturbation de l’environnement magnétique de la Terre : le vent solaire, flux de particules chargées issu du Soleil, injecte de l’énergie dans l’espace proche. Ainsi la décrit le Space Weather Prediction Center de la NOAA. On la mesure avec l’indice Kp, de 0 à 9 ; à partir de Kp 5, c’est une tempête, classée de G1 (mineure) à G5 (extrême). Une prévision fiable couvre environ trois jours : un calendrier mensuel des tempêtes n’est donc qu’une indication.
La NOAA explique l’indice K planétaire : les magnétomètres mesurent les variations de la composante horizontale du champ par tranches de trois heures, et le Kp combine 13 observatoires entre 44 et 60 degrés de latitude géomagnétique. Un Kp de 5 à 9 correspond aux niveaux G1 à G5. En moyenne, la NOAA compte 1 700 épisodes G1 par cycle solaire de 11 ans et seulement quatre G5.
La limite vient de la physique. Selon la NOAA, une veille (Watch) porte sur 72 heures au plus, avec moins de certitude sur le moment et l’intensité. Un avertissement (Warning), fondé sur le vent solaire mesuré avant son arrivée, est plus fiable, mais ne tombe que de quelques minutes à une ou deux heures avant. Les éjections de masse coronale les plus rapides, note la NOAA, atteignent la Terre en 15 à 18 heures.
Les tempêtes enregistrées en octobre 2026 jusqu’au 18
Au 18 octobre 2026, les alertes de la NOAA montraient trois jours de tempête. Le 4 octobre, l’indice K a atteint 6 à 20 h 57 UTC, niveau G2. Le 5, une G1 a suivi, due selon la NOAA à un courant rapide de vent solaire issu d’un trou coronal. La plus forte est arrivée le 10 : alerte K 7 à 17 h 58 UTC, niveau G3, après des éjections de masse coronale observées les 6 et 7 octobre.
L’Institut de recherches spatiales russe, l’IKI RAS, l’a suivie depuis Moscou. Son laboratoire d’astronomie solaire a annoncé le soir du 10 la plus forte tempête magnétique depuis trois mois, de niveau G3, enregistrée depuis 20 heures environ, heure de Moscou ; la dernière de force comparable remontait au 4 juillet 2026. Le 16 octobre, il comptait cinq jours d’affilée sans perturbation géomagnétique.
Les prévisions ont bougé. Le 9 octobre, la NOAA attendait G1 pour le 9 et le 10 et G2 pour le 11 ; la G3 est tombée un jour prévu en G1, et la veille G2 a été annulée. L’IKI RAS prévoyait une G2 le soir même et une autre le dimanche 11. La prévision hebdomadaire de la NOAA du 12 octobre annonçait une G1 le 13, mais ses données quotidiennes donnent un Kp maximal de 3,33.
Lire la prévision de la NOAA et la page de l’IKI RAS
Le 3-Day Forecast de la NOAA, le produit officiel le plus simple, paraît à 00 h 30 et 12 h 30 UTC et donne le Kp attendu pour chaque tranche de trois heures des trois jours suivants, le niveau G et l’explication du prévisionniste. L’édition de 12 h 30 UTC du 18 octobre 2026 prévoit un Kp de 4,67, soit G1, le 20 octobre, en raison d’un courant de trou coronal.
La prévision à 27 jours paraît le lundi, avec le Kp maximal attendu pour chaque jour. Selon la NOAA, les trous coronaux persistants peuvent durer plusieurs rotations solaires de 27 jours, et sa prévision hebdomadaire du 12 octobre attribuait chaque hausse attendue à des courants récurrents issus de ces trous. Une éruption à venir ne peut pas y figurer : l’édition du 12 octobre donnait au 20 octobre un Kp de 2.
En Russie, le laboratoire de l’IKI RAS publie sur xras.ru le Kp actuel, une prévision à trois jours pour les latitudes moyennes, la probabilité calculée de tempêtes et un graphique sur 31 jours. Le 18 octobre, il annonçait pour les 24 heures suivantes un champ calme (Kp 2+). L’IZMIRAN, l’Institut Pouchkov de magnétisme terrestre, a son propre centre de météo spatiale.
Le cycle solaire 25 après son maximum de 2024
Le 15 octobre 2024, la NASA, la NOAA et le panel international de prévision du cycle solaire ont annoncé que le Soleil était entré dans la période de maximum de son cycle d’environ 11 ans, qui pouvait durer encore un an. Selon Elsayed Talaat, de la NOAA, le mois du pic ne serait connu que des mois ou des années plus tard. Le SIDC de l’Observatoire royal de Belgique, qui tient le nombre international de taches, le fixe désormais : octobre 2024, avec une valeur lissée de 161.
Le pic n’a pas ramené le calme. Le SIDC prévoit une activité comparable sur une bonne partie de 2026 et cite d’importantes tempêtes en octobre 2024, juin 2025 et janvier 2026. Selon la NOAA, le nombre mensuel de taches est passé de 165,8 en octobre 2024 à 60,3 (provisoire) en septembre 2026, et les trous coronaux, source de tempêtes G1 et G2, sont plus fréquents près du minimum. La NOAA attend le début du cycle 26 entre janvier 2029 et décembre 2032.
Effets d’une forte tempête sur réseaux électriques, satellites et GPS
L’échelle de la NOAA décrit les effets par niveau. En G1, elle cite de faibles fluctuations du réseau et un impact mineur possible sur les satellites. En G2, les réseaux des hautes latitudes peuvent déclencher des alarmes de tension et la radio HF peut s’y affaiblir. En G3, le niveau du 10 octobre, les réseaux peuvent exiger des corrections de tension, les satellites en orbite basse subissent plus de traînée et la navigation par satellite et la radio HF deviennent intermittentes.
La page de la NOAA sur les tempêtes géomagnétiques explique le mécanisme. La chaleur des courants et des particules densifie la haute atmosphère et freine les satellites bas, et les irrégularités de l’ionosphère dévient les signaux radio et faussent les positions GPS. Les tempêtes induisent aussi des courants dans les réseaux et les longues canalisations. En G5, la NOAA prévient que certains réseaux peuvent s’effondrer ; sa veille G1 du 17 octobre situait la zone d’impact principale au-delà de 60 degrés de latitude géomagnétique.
Tempêtes magnétiques et santé humaine dans la recherche publiée
Sur la santé, les calendriers promettent beaucoup et la science dit peu. Une revue de portée de Belenko, Cancel et Mayrovitz parue dans Cureus le 22 décembre 2025 (indexée dans PubMed Central) a examiné 1 718 articles de 1964 à 2023 et retenu 36 études chez l’adulte : 28 ont trouvé des corrélations significatives avec des troubles cardiaques ou des AVC, huit aucun effet. Selon les auteurs, beaucoup sont des études écologiques aux facteurs non contrôlés, aucune causalité ne peut en être déduite et les observations restent préliminaires.
L’échelle G de la NOAA liste des effets sur la technique et sur les animaux migrateurs, mais aucun sur l’humain ; les risques d’irradiation des astronautes et des équipages de vols polaires relèvent d’une autre échelle, celle du rayonnement solaire. Si vous avez une maladie cardiaque, suivez le plan convenu avec votre médecin et ne modifiez pas votre traitement à cause d’une prévision ; en cas de symptômes graves, appelez un médecin ou les urgences.
Des aurores loin des pôles lors des fortes tempêtes
Selon la NOAA, les aurores forment deux ovales autour des pôles magnétiques, entre 80 et 500 km d’altitude, et s’observent le mieux entre 60 et 75 degrés de latitude environ. En grande tempête, les ovales s’élargissent : selon l’échelle de la NOAA, on a vu des aurores typiquement jusqu’à 55 degrés de latitude géomagnétique en G2, 50 en G3 et 40 en G5. Le 10 octobre 2026, l’IKI RAS signalait des aurores intenses dès 50 degrés de latitude géographique.
Repère : la NOAA a constaté les premières conditions G5 le 10 mai 2024 à 18 h 54, heure de l’Est des États-Unis, et la NASA y a vu la plus forte tempête géomagnétique sur Terre depuis deux décennies ; son Earth Observatory a signalé des aurores la nuit du 10 au 11 mai dans de nombreuses régions du monde. La prévision d’aurores à 30 minutes de la NOAA donne 30 à 90 minutes d’avance, et une aurore brillante se voit jusqu’à 1 000 km si les conditions s’y prêtent.
Alertes de tempête et perspectives de fin octobre 2026
Les alertes sont gratuites. Le service d’abonnement de la NOAA envoie par e-mail alertes, veilles et avertissements dès leur publication, et ses alertes comme sa prévision à trois jours se consultent sans compte. En russe, la page des tempêtes de l’IKI RAS sur xras.ru affiche le Kp actuel, la prévision et le relevé du mois, et l’IZMIRAN publie ses alertes en ligne.
Au 18 octobre 2026, on en sait peu. La NOAA attend une G1 mineure le 20 octobre et avait signalé le 12 octobre une G1 pour le 31 octobre et le 1er novembre ; une nouvelle prévision à 27 jours paraît le lundi 19 octobre. La discussion de la NOAA du 18 octobre ne relevait aucune éjection de masse coronale dirigée vers la Terre. Le 16 octobre, l’IKI RAS classait le groupe de taches 4551 au plus haut niveau de risque, avec 70 % de chances d’éruptions M et 10 à 15 % d’une X selon ses modèles. Nul ne sait s’il enverra quelque chose vers la Terre.
Checklist pratique
- Ajoutez le 3-Day Forecast de la NOAA à vos favoris et consultez-le après les éditions de 00 h 30 et 12 h 30 UTC.
- Convertissez les heures UTC de la NOAA en heure locale avant de planifier quoi que ce soit autour d’une tempête.
- Abonnez-vous aux alertes gratuites de la NOAA si votre travail dépend de la radio HF ou de la navigation par satellite.
- Considérez toute liste mensuelle de jours de tempête comme une indication et revérifiez-la trois jours avant.
- Gardez votre traitement cardiaque tel que convenu avec votre médecin, quelle que soit la prévision de tempête.
Questions et réponses
Y a-t-il une tempête géomagnétique aujourd’hui et où le vérifier ?
Consultez la page des alertes de la NOAA et son 3-Day Forecast, mis à jour à 00 h 30 et 12 h 30 UTC, ou la page des tempêtes de l’IKI RAS sur xras.ru, qui affiche le Kp actuel à l’heure de Moscou. Un Kp inférieur à 5 n’est pas une tempête sur l’échelle de la NOAA ; dans son édition de 12 h 30 UTC du 18 octobre 2026, le Kp maximal des 24 heures précédentes était de 3.
Peut-on se fier à un calendrier des tempêtes solaires pour tout octobre 2026 ?
Seulement comme indication approximative. Le tableau à 27 jours de la NOAA et les graphiques mensuels similaires suivent les courants récurrents des trous coronaux, mais ne peuvent pas inclure une éruption qui ne s’est pas encore produite. En octobre 2026, la tempête la plus forte, une G3 le 10, est tombée un jour pour lequel la veille de la NOAA n’attendait qu’une G1.
Les tempêtes géomagnétiques ont-elles un effet sur le bien-être ou le cœur ?
La recherche n’a pas tranché. Une revue de portée parue dans Cureus en décembre 2025 a analysé 36 études sur les issues cardiovasculaires : 28 ont trouvé des corrélations, huit aucune, et les auteurs estiment qu’aucun lien de causalité ne peut être établi. Si vous avez une maladie cardiaque, tenez-vous au traitement fixé par votre médecin.
Quelle valeur de l’indice Kp correspond à une tempête sur l’échelle de la NOAA ?
Le seuil est Kp 5. La NOAA classe Kp 5 en G1 (mineure), Kp 6 en G2 (modérée), Kp 7 en G3 (forte), Kp 8 en G4 (sévère) et Kp 9 en G5 (extrême) ; ses prévisions marquent aussi 4,67 comme G1. La NOAA envoie des alertes dès Kp 4, mais ce niveau reste sous l’échelle des tempêtes.
Peut-on voir des aurores boréales loin de l’Arctique pendant une forte tempête ?
Lors des fortes tempêtes, oui. L’échelle de la NOAA mentionne des aurores vues jusqu’à environ 50 degrés de latitude géomagnétique en G3 et 40 en G5, et le 10 octobre 2026 l’IKI RAS signalait des aurores dès 50 degrés de latitude géographique. La NOAA ajoute que le ciel doit être dégagé et sombre.
